‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 112 sur 380 · I-IVRE ni. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

I-IVRE ni. — CHAPITRE I

Pendant que la sédition s'ourdissait men;i' Ç'-^nte, le vieil empereur passait son temps à chanter des psaumes, à conférer avec des évêques, à prescrire des jeûnes sur la nouvelle <l'«ne descente des Barbares, ou pour faire cesser la peste et la famine qui désolaient quelques provinces de ce vaste empire !

Judith , depuis quelque temps , avai t prévu la crise qui allait agiter l'Occident; l'insuffisance «le l'empereur pour s'en rendre maître , ne lui élaii que trop démontrée, et elle avait jeté les yeux sur Bernard, comte de Barcelonne , grand homme de guerre, aussi heureux que hardi dans toutes ses entreprises. Seul , il lui parut capatfcle de triompher de tant de périls. On éleva B«mard à la dignité de chambellan et de grand- «Tialtre du palais ; faveurs, richesses, pouvoir, t'Out fut remis aux mains du nouveau favori. On fit tant, que celui qui devait conjurer la tourmente, en hâta l'explosion par sa hauteur, son faste insolent, ses concussions et ses violences. Le nombre des mécontens s'accroît de toutes parts. Des seigneurs, des prélats, les abbés de Corbie et de Saint-Denis, s'unissent aux évé- •ï'ies devienne, de Lyon, d'Amiens. Les rois d'A- 1"ilaine et de Bavière se proclament les chefs ''fi la sénlition. On accuse Judith el le comte

Bernard d'adultère j et Ton impute à ce ministre le dessein de faire périr l'empereur avec ses trois fils du premier lit j pour épouser Timpératrice.

Walla , beau-frère du comte Bernard , dans ces temps où s'étouffaient les impressions, di la chair et la voix du sang; Walla , réputé poni un des hommes les plus vertueux et les plus sages de son siècle; Walla, cet ancien et judicieux ministre des rois d'Italie , et retiré dans un mo nastère depuis quelques années, en sort dam ce fatal moment , pour se mêler à ces chefs d< parti qu'on a vus si souvent faire le mal en pré chant la vertu , et porter partout le désordre pai l'esprit ou le prétexte de la règle.

On invoque le bien public , le salut de l'Ëtat les droits des grands et des prélats violés pai les empiètemens et l'influence toujours croîssans de l'insolent favori ; enfin on prétexte h service même do l'empereur, pour attirer à Gom piègne , centre de la révolte , les prélats et lei seigneurs les plus influens qui ne se sont pa! prononcés encore ; et des évêques ont l'audaci de déclarer rebelles à Dieu et à TÉglise , cem qui ne seraient pas du parti des rois Louis e Pépin , dans cette révolte contre leur père.

Le vieil empereur, perdant la tête à ces démons

Page 1