‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 12 sur 380 · LIVRE I". — CHANTRE · texte numérisé non relu

LIVRE I". — CHANTRE

vaste, d'une rivalité plus digne de s'attaquer au colosse dont les bras victorieux allaient étreindre l'Occident tout entier.

Irène régnait alors en maîtresse absolue dans l'empire d'Orient, dont le trône était occupé par son jeune fils Constantin V, triste fantôme couronné. Cette princesse, veuve de Léon Chazare j. ssecesseur deConstantin Copronyme, était d'une naissance obscure, mais tous les prestiges de l'esprit et de la beauté l'avaient élevée jusqu'au trône des Césars* Les vices et les grandes qualités qu'elle déploya dans l'exercice de la sou* veraine puissance, rendent Irène remarquable parmi les femmes que le sort a placées à la tête des empires.

L'astucieuse impératrice ne s'était pas abusée sur les véritables causes du démembrement de Tempire d'Orient en Italie, et son audace avait formé le projet difGcile de réparer ce fatal résultat de tant de folies et de fautes.

L'hérésie des iconoclastes avait été le premier < oup porté à la puissance des empereurs de la Péninsule ; Irène , par un conseil (Bcuménique , frappa de flétrissure ce schisme désastreux, liéon Chazare avait profané par l'impiété des o\y jel^ vénérés comme sacrés par l'Eglise de Rome ; ^ veuve, revêtue des ornemens impériaux oi

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avec une solennité proportionnée à la grandeur de la faute ^ s'était empressée j en s'emparant de la puissance , de réparer le scandale.

Un moment Irène avait eu la pensée de marier son fils à une fille de Charles j la princesse Ro^ thrude, espérant par cette alliance faire rentrer ritalie sous sa domination. Le roi des Francs avait accueilli avec bienveillance les premières ouvertures relatives à ce projet ; mais, soit qu'elle eût trouvé Charles peu disposé à abandonner sa nouvelle proie ^ soit que l'avènement de Pépin au trône de Lombardie lui eût ûté ses dernières illusions à cet égard , soit enfin j comme le disent quelques historiens , que sa passion du commandement lui fit redouter de tirer par une alliance auguste le faible Constantin de la dépendance où le tenait une mère impérieuse , Irène rompit le mariage arrêté. Cet affront ^ loin de blesser Charles, soulagea le cœur du monarque que tourmentait la pensée de se séparer de sa fille. Mais l'impératrice crut avoir créé j par cet éclat, un nouveau motif d'hostilités entre les cours rivales de France et de Constantinople , et sa politique ne fut que plus ardente à susciter des obstacles et des ennemis à la seule puissance qui lui parut alors digne de lui inspirer des craintes sérieuses et de l'envie.

L'héroïsme des guerriers qui périrent dans ce fatal défilé ne fit que rehausser la gloire des armes françaises.

Les généraux de Gharlemagne venaient d'échouer contre les Saxons , le roi marche luimôme pour réduire les révoltés qui se soumettent après trois défaites sanglantes. Witikind , leur principal chef, tombé au pouvoir des Francs, abjure l'idolâtrie, embrasse le christianisme et se retire en France. Des milliers de familles saxonnes reçoivent le baptême à son exemple. La paix , ou au moins une trêve faite à propos avec ces peuples turbulens et les Sarrasins , déjoue une partie des trames d'Irène et laisse à Gharlemagne toutes les ressources de sa puissance pour disputer l'Italie à qui ose tenter de lui en arracher la conquête.

Il franchit de nouveau les Alpes à la tête d'une armée formidable ; Pépin , son fils , le rejoint avec des troupes lombardes. Tous deux marchent sur le duché de Bénévcnt. Aréchis , qui maintenant se souvient du sort de Rodgause , s'effraie à l'approche menaçante des deux rois, et fait humblement acte de soumission.

Gharlemagne agrée ses excuses pour éviter le malheur des populations, la ruine des églises et d(»s monastères; il le laisse en possession du du-

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