LIVRE I*'. — CHAPITRE III
les nobles efforts de Charles pour la renaissance des lettres; Tordre se rétablit dans toutes les branches de Tadministration puUique, une austère équité régla enfin les différends entre les viUes , les communautés et les individus ; de sages institutions , modelées sur les Gapitulaires do roi des Francs j vinrent cimenter la fusion , cette fois réelle , des trois peuples j Franc , Lombard et Romain, en leur imprimant un élan simultané vers le progrès et le bien-être. Il Mut peu de temps au jeune roi pour se montrer digne du héros qui lui avait donné le jour et la couronne; il Mlut peu de temps à son peuple fGW l'apprécier et Tentourer de son affection.
Malgré la présence de Pépin en Italie y malgré les bienfaits multipliés de son administration, peut-être même à cause de tous ces titres des rois francs à l'amour et au respect des Italiens, la Péninsule vit éclater bientôt de nouveaux troubles. La guerre fut, comme la paix, une occasion de gloire pour Pépin.
Le duc de Bavière, Tassillon, et Aréchis (1), duc de Bénévent , tous deux gendres du roi Desiderio, oubliant le supplice deRodgause, osèrent encore tenter la révolle.
(1) Ou Arégise.
Tout y cette fois^ semblait les seconder. Charles venait de subir à Roncevaux un échec dont on avait étrangement exagéré l'importance (1). Ses généraux avaient éprouvé contre les Saxons, conduits par leur roi Witikind y des revers qui exaltaient le courage de ces peuples indomptés ; les Huns et les Hongrois y qui habitaient la Panuonie à l'orient, avaient deux armées prêtes contre le roi des Francs, l'une pour soutenir l'attaque de Tassillon , l'autre pour appuyer le fils de Desiderio, Adelchis , qui , avec une flotte qu'armait pour lui Conslantinople , devait aborder sur les côtes du duché de Bénévent. Âréchis avait un double motif de seconder ce projet : la vengeance d'abord y comme gendre du dernier roi lombard ; puis l'ambition (2) : la cour d'Orient avait promis à ce duc le titre de pairice ou stratice de Naples et de Sicile.
Ambitieux subalternes dans ce grand conflit, Aréchîs, Tassillon, Adelchis lui-même, n'étaient que les dociles instrumens d'une ambition plus
(1) J. DE Ferreras, Hist. d'Esp., T. u, siècle vm*.
(2) Aréchis, à qui le titre de duc ne suffisait plus, avait pris, depuis quelque temps, la qualité de souverain, se couvrant d*un manteau royal , portant le sceptre , ceignant sa tête d'une couronne ; il s'était fait sacrer par les évéques , selon les usages de France. La justice ne s*admioistrait plus quVn son nom ; on frappait monnaie à son coin ; enfin il s'était attribué tous les droits do la ro^^inté.