Livre m. — chapitre ii
joiir : on vit clair dans cette œuvre d'iniquité ; on en détesta les auteurs^ et de toutes parts un cri de réprobation s'éleva contre d'aussi grands covpaUes. L'indignation publique s'accrut enc4>Te quand on vit Lothaire défendre hautemônt do publier dans tout l'empire un acte quelcon* que au nom de Louis comme empereur et roi , et pousser la démence au point de vouloir anéan- ^îi* le passée en cherchant à effacer même le sou^ venir de cette puissance qu'il venait dedétruirel Kn effet ^ toutes les fois qu'il ne pouvait éviter ^e mentionner Louis dans ses décrets, l'insensé ^fiCectait de ne le désigner que comme son père^ ^* jamais comme empereur et roi ; titre que ce- Pendant^ dans les mêmes actes, il prodiguait à ^^n aieul Gharlemagne ( 1 ) .
Tremblant qu'on no lui arrachât sa proie àSois- ^^Ds, Lothaire l'avait traînée à sa suite jusqu'à ^quisgrana. Là on sait bientôt les durs traite-'
(1) Giulini cite , à Tappui de cette observation , un di-* Plôme expédié d*Âquisgrana par Lothaire , en faveur d'un ^€qae aArezzo. Ce même historien ajoute, toutefois,
3^'on jnaintiot dans les chartes milanaises l'ancien usage ^ nommer l'un et l'autre empereur, et de désigner la date de Tiin et l'autre règne; sans doute, parce que l'usurpa- ^on eut à peine le temps de jouir de son criminel succès , ^^ que le triomphe du bon droit dut, dans ces contrées éloi- Sn^, s'apprendre presqu'en même temps que le succès ^^ la révolte.
lieu de toutes ces vicissitudes ^ l'empire que soi bras puissant avait fondé. D^ailleurs les Lom bards n'habitaient pas seuls le royaume de Lo thaire. Les Francs , en rendant aux habitans pri mitifs de la haute Italie leur dignité d'homme et de citoyens 9 telle du moins qu'on la coniprenait dans ces temps reculés (1)^ les Francs disons-nous , avaient gagné ces vieux Romain à leur cause. Les règnes de Pépin y de Bernard et les sages décrets des premières années di règne de Lothaire y n'avaient fait que fortifie cette sympathie. Quant aux édits de ce demie prince qui auraient pu refroidir les esprits, nou! les avons vus amendés ou réformés par l'influence de Louis-le-Débonnaire.
11 ne devait donc rester en Italie que peu oi point de partisans de la cause lombarde , hormii quelques vieux lombards entêtés et demeura hostiles au nouveau régime , mais trop impuîssans pour remuer^ pour agiter des masses qui se maintinrent dans le calme.
(1) On comprend notre pensée : toutes les classes d'hahi tans ne furent pas et ne purent être admises alors à jouir dt ce grand bienfait La question dcl*abolition de la serrilndi n*était, certes, pas encore par\enue à Fétat de théorie, à mii époque si rapprochée du berceau de la féodalité. Mais é\ moins il fut donné aux princes Francs , souverains de 1 Lombardie, de porter, par des décrets prolecteurs, quel que adoucissement à la triste condition desiKrfs.