LIVRE III. — CHAPITRE II
ii de LiQmbardie ^ le droit de pourvoir à la va-^
ince du Irtoe.
QudkjuefiHs mêine^ nous le verrons bientôt ^
1^* s^utorité du métropolitain de Milan osa se mon*
t3HE-^<r indépendante et presque rivale de Rome.
< Mikn^ » dit le comte Verry, « avait étéia
^ résidence de plusieurs Césars et considérée
1^ comme la première viUede l'Italie après RoiM.
^ Elle fnt ravagée par les Huns et par les GothiEty
^ changée en un monceau de ruines j et réduite
^^ à perdre quelque temps le titre de la capitale
^^ de la haute itadie : eh bien , au milieu de ces
désordree et de tant de ruines y l'autorité du
métropolitain de Milan resta seule debout ^ ne
reçut aucune atteinte et alla toujours grandifr-
sant. » On conçoit que tant de puissance,
'inte au caractère grave et impérieux d'Ângil*
)rto, dut maîtriser l'humeur fantasque et ir-
^"i^ bble d'un prince humilié par de récentes dit-
^i^ces , et bourrelé par la conscience de ne les
^"voir que trop méritées. Aussi , si l'on en croit
-Andréa, Lothaire, pour réponse au fier langage
^i'Angilberto, se borna-t-il à lui dire : « Allez
** auprès de mon père dont vous m'avez attiré
^^ le courroux 9 et faites-moi rentrer dans ses
^^ bonnes gr&ces. » Ite adgenhorem meum eu-
lus odium me fecistis habere : rebucite me ad
pristinam graliam (1). Angilberto s'empressa di partir pour la France y sans rien objecter au r proche de Lothaire y ce qui ferait sa|q[ioser le reproche était fondé. Il est possible que 1 mêmes motifs qui portèrent Tarchevèque Ai^— ^ selmo à approuver la rébellion du roi Bernard ^ aient rendu Angilberto plus qu'indulgent pouir celle de Lothaire; seulement la conduite (S^> dernier de ces métropolitains aurait été plus ciP— conspecte et plus prudente.
Il fallait, en effet, qu'il y eût bien de la prt^-^ dence et de l'adresse dans le caractère d'AngiK'' berto pour que le jeune empereur osât le dép^^ " ter auprès de son père dans une circonstance-^ aussi délicate, surtout pour ceux qui avaies^^ été les conseillers ou les approbateurs de la r^ ^ vol te.
Lothaire avait à craindre que son père , tT(pf^ justement irrité malgré le pardon dont il avai^ couvert ses fautes, ne se bornât à lui laisser le titre d'empereur avec la seule partie de l'Italie
(1) Ces expressions, comme l*observc Giulini , font voir que vers le aiilieu du ix*" siècle , ou du moins daos le te«lp^ où vivait Amlrea qui les rapporte , on employait déjà quelc|aefois en latin le pluriel en parlant à une seule pentoone . usage incoimu chez les Gre^j», aussi bien que du temps de la bonne latinité , et qui s*est inlnxlnit dans la plupart des langues et des idiomes modernes.