LIVRE 111. — CHAPITRE III
ilis que Charles-ie-ChauveoblenaitdesprélalsIa cléd^laration que Lothaire était déchu de son droit «I la^ couronne y tandis qu'il se faisait oetroyer r eux le royaume de son frère, d'autres pré-
parait à M. Guizot avoir plus de valeur et mériter un ux examen : c'est celle qu*a récemment développée ^- Ai^stiû Thierry, dans ses Lettres sur l'Histoire de f^€Mwue, Cette explication, à laquelle M. Guizot croit devoir, ^n ta reproduisant, donner une forme plus précise, plus ^st^matique qu'elle n'a dans les lettres de son savant col- *^^ie , c'est que le démembrement de l'empire de Charle-* m^^nea été amené par la diversité des races.
^^(e idée est moins remarquable par le fond que par la
J^^ sagacité avec laquelle elle est développée : M. Thierry y
I ^ preuve d'une grande érudition et d'ime profonde étude
^^ mœurs de l'époque ; mais son système trop exclusif pa-
''^t. avec raison incomplet à M. Goizot.
V'oici maintenant un autre système , c^lui de M. Guizot ,
^5^ i voit la vraie cause du démembrement de l'empire d'Oc-
^^^nt dans l'impossibilité d'un grand état à cette époque et
^^^s la naissance progressive des sociétés locales qui ont
^^Umi la confédération germanique. Ne pourrait-on pas
^^visidéreràson tour cette explication, donnée dans un sens
^^op absolu , comme insuffisante ?
A ces deux causes , la diversité des races , invoquée par M. Thierry , et le progrès des sociétés locales , allégué par M. Guizot , se rattachent , en s'y confondant et en les développant , toutes celles que ce dernier qualifie d'étroites et de puériles: le partage de l'empire entre les fils de Louisle-Débonnaire ; l'insuffisance des successeurs de Charlemagne ; les querelles de ses petits-fils , qui ont dû rendre plus saillante la diversité des races; l'ambition des grands qui, en affaiblissant la royauté et s'isolant d'elle, ont en quelque sorte constitué les sociétés locales aux dépens de l'unité de l'empire ; les coups portés à la royauté dans sa dignité et son influence par le clergé , trop souvent mêlé aux aiïaires de ce monde; les invasions successives des Normands et autres
lais, pour complaire à Louis-le-Germanique ^ déposaient ce même Charles-le-Chauve de royaume de France. Ces sentences ridicul n'avaient d'autre effet que d'ajouter de nouveau scandales aux désolations de l'Europe.
Les provinces y en Lombardie , en France e dans toute l'étendue de l'empire y ne surent plu un moment à quel maître obéir. On vitl'autorit des rois s'effacer devant celle plus immédiate des ducs, des comtes et même des officiers d'un ordr inférieur, à qui l'administration, au milieu d iant de désordres, fut livrée sans contrôle comm sans frein ; partout on profita de l'affidblissemen de la royauté , pour rendre héréditaires dan les familles des titres qui, jusque là, n^avaie été possédés qu'à vie: partout les peuples eurent:— à souffrir de l'ambition ou de l'avarice de ce ^ mille despotes subalternes, dont plusieurs, l'exemple des souverains, se prirent à ensanglanter le pays pour soutenir les uns contre les autres leurs propres querelles, qu'en d^autres
barbares; enfin, et surtout, cette cause que déjà noos avons signalée , Tabsence d'une loi fixe et précise pour l'hérédité de la couronne.
Chacune de ces causes , prise isolément , ne peut qu'être étroite et insuffisante, et leur réunion est indispâisadile pour expliquer la prompte destruction de la grande cenrre de Cbarlemagne.