LIVRE III. — CHAPITRE
»8 les rois j moins méprisés et plus puissans^ a^XT^ent terminées par leur arbitrage suprême. iV défaut d^une épée royale pour trancher ces déplorables dififérens , ou plutôt dans le but de d'afiranchir de cette tutelle^ au cas où la royauté recouvrerait sa force j des ducs ambitieux osèrent appeler sur le sol de l'empire des auxi* Hsûres^ dont la présence fut un effroyable malheur ajouté à tant d'autres. Tandis que ce nouveau fléau fondait sur l'Italie ^ évoqué par le ^^^oupable appel de ducs italiens j les discordes , ^Oû déchiraient et affaiblissaient le reste de Tem- Pii^e, attiraient sur un autre point une non ^^oins grande calamité qui allait avancer l'œuvre ^^ destruction si fatalement commencée par tant ^^ fautes et de désordres.
Reportons un moment nos regards en arrière V^Ur voir se former vers le Nord et vers l'Orient Méridionale puis s'étendre ^ puis enfin éclater, ^^ double orage qui faillit envelopper dans sa tourmente toute l'Europe chrétienne.
dédouble fléau fut l'éruption des Normands et
des Arabes. L'un et l'autre peuple prirent une si
grande part aux événemens qui ont marqué cette
époque, que nous ne pouvons nous dispenser
de leur consacrer quelques pages et de remonter,
pour le récit de leur vie aventureuse , vers des
temps antérieurs à la phase historique qui nouoccupe. Nous parlerons d'abord des Normands"- Les Francs, les Goths, les Lombards, le^ Alains, les Huns, les Hérules, quand ils viareni chercher de nouvelles terres dans les oonirée= méridionales , furent remplacés , dans les pa]r nordiques , par d'autres hordes de peuples bar bares. Toutes ces nations , à l'exemple de celle qui les avaient précédées, formaient une sorld'association libre, assez faiblement cimenta par des intérêts et des entreprises de même nsL ture. Le pillage sur le continent et la piraterie sa mer leur étaient nécessaires comme le caroaç aux bétes féroces. Ces barbares, trop nombrean n'avaient chez eux à cultiver que des terres 8t€ riles ; ils manquaient de manufactures ; ils étaier: privés des arts : celui de la guerre seul avait fa': quelques progrès. . . La destruction est le premie instinct de l'homme ! D'ailleurs , trois siècle <rhostili tés contre Tempire romain les avaient in' tiés à cette science fatale, et ils avaient appri de ces conquérans à employer, pour l'attaque des armes et des machines à effets destructifs Quelques planches surmontées d'ouvrages d'osier et recouvertes de peaux avaient été long-temp les navires où ces intrépides aventuriers affro» taient l'Océan pour chercher les périls et re-