LIVRE III. — CHAPITRE III
cueillir des dépouilles. Mais, dès le v^ siècle ,
^etirs vaisseaux de guerre {chiules) (1) avaient
déjâà la plus formidable apparence ; ils portaient
de nombreux guerriers et étaient construits avec
de solides et durables matériaux»
1^8 expéditions des premiers barbares , d'a*^ l>ord torrens dévastateurs, s'étaient changées ^n conquêtes durables ; la colonisation avait suc- ^^^é au pillage, et les mêmes hommes qui avaient dépeuplé l'Europe, l'avaient plus tard^ en grande Partie, repeuplée.
Quand la vieille Europe méridionale et ces "Myriades de barbares se furent mêlés et conf^Hidus , les peuples qui habitaient la Scandinavie ^^ les bords de la mer Baltique, songèrent à ^^îvre l'exemple de leurs devanciers et à venir *^Ur disputer leur belle et riche proie. L'évêque ^^ ClermoUt , l'éloquent Sidoine (2) a décrit avec
. (1) Le docteur Lingard, Hist, d'AngL, T. i", chap. 2
^ Le traducteur de Cet historien fait observer que le mot ?^ CmuLES est encore employé sur le Tyne et sur le fVere. f^ andens écrivains , dit-il , l'ont traduit par vaisseaux jf^^^ et larges, Voy. BEn.> i, 15. — Trad,, d' Alfred,— ^«3., Chran. saxone, 12. — Gildas, chap. xxm.
(2) Sidoine Appollinaire vivait vers la fin du y* siècle.
Àt. Guizot considère le recueil des lettres de ce prélat 5^ilime le monument le plus curieux et en même temps le p«Os authentique des mœurs de ce temps. Hist, de la Civil. , *^* leçon , p. 90.
une énergique vérité l'effroi qu*inspiraient ce dévastateurs. Comme Lingard, nous citetoi; ce passage remarquable :
« Nous n'avons pas » j dit Sidoine y dont I témoignage est confirmé par toutes les anciei nés autorités , « de plus cruels et de plus dai » gereux ennemis que les barbares du Nord. I » triomphent de tous ceux qui ont le courai » de s'opposer à eux ; ils surprennent tous 1 » imprudens qui n'ont pas su se préparer à le^ » attaque. Poursuivent-ils, ils atteignent ioÊJ » liblement ; sont-ils poursuivis , ils échappe » avec facilité. Us méprisent le danger, ils so » habitués aux naufrages , ils poursuivent le » proie avec ardeur, même au péril de leur vî » Les tempêtes qui nous remplissent de terre » sont pour eux des sujets de réjouissance. I « tourmente est leur protection , quand ils sa » pressés par Tennemi, et le voile qui les couvr » quand ils méditent une attaque. Avant de qui » ter leurs rivages , ils vouent à leurs dieux » dixième partie de leurs principaux captif » quand ils sont sur le point du retour, ils » partagent les lots avec une affectation d'équi » et ils accomplissent leurs vœux impies (1).
(1) SlOON. VIII, G.