‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 137 sur 380 · LIVRE III. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE III

gïào. Jusqu'à ce jour nous avons vu ces pirates <l^aster les lies de la Méditerranée sans oser ôttcore aborder le sol de Tltalie ; mais l'Italie va s'ofiErir elle-même à la cupidité de ces redouta- N«s corsaires ; leur présence dans la Péninsule ^ devenir sa plaie la plus dévorante et l'occasion de nobles efforts pour quelques uns des descendans de Gharlemagne. Nous allons bientôt vc^ir les Maures y apparaître sanglans, gorgés de rapines et de meurtres , tantôt vainqueurs, ^ntôtvaincus^et renaissant toujours alors qu'on l^B croit anéantis. . . Tout est bizarre et merveilleux, mœurs, caractère, invasion, marche, progrès dans ce peuple qui marque d'une manière si fatale et si brillante à la fois dans l'his- ^ire de ces temps reculés.

L'empire romain existait encore , et sa partie ^Hîeidentale était dévastée par les Huns, les Goths et d'autres peuples nomades du Nord, quand Mahomet jeta, dans les déserts de l'Arabie, les 'ondemens de la religion et de la puissance musulmane. Deux siècles à peine avaient passé sur *^s cendres de cet habile imposteur , que déjà *^B sectateurs de sa croyance étendaient leur ^^mination sur les trois Arabics, i'Égypte, la ^yrie, la Perse, la Mésopotamie , Tile de Crète, ^^Ule la côte septentrionale d'Afrique, TEspa-

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gne, la France méridionale , et avaient mèm^ porté le fer et la dévastation jusque dans le^ plaines de la Bourgogne et de la Champagne.

Les victoires de Charles-Martel avaient délivré^ la France de ces flots de barbares ; mais leur» défaites et leurs sanglantes disoordes , tout em. les affaiblissant, ne les avaient pas anéantis T Peuple étrange , fanatique pour la foi religieus» aussi bien que pour la conquête ; austère et voluptueux à la fois comme son prophète; gêné — reux et cruel comme lui ; hospitalier et se gor — géant de rapines ; ami de la poésie , passionna pour les arts et livrant aux flammes les livre précieux amoncelés y depuis des siècles j dans ledépôts de la science humaine. Dans ces temp^ de gloire et de conquêtes , il passa sur VEntof^ comme un de ces brillans météores qui éclairent un moment, qui éblouissent et qui laissera t après eux des ruines.

Tels furent les Arabes en Europe ; et tandis qu'ils la ravageaient, cette pauvre Europe, tandi=^ qu'ils la disputaient aux barbares des régiot*^ nordiques, d'autres Arabes faisaient, en Asi^ ^ revivre l'âge d'or sous la race des Abasside^ ' vainqueurs des grossiers Ommiades ; Giaf&r ft>^' dait Bagdad ; Al-Raschild rendait sa cour l'a^i*^ des sciences et des arts , bannis depuis \ot^^

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