‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 139 sur 380 · LIVRE III. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE III

puis quelque temps , acquis une non moins grande importance y et nourrissaient un espoir égiaJ de secouer Tautorité des descendans de Gharlemagne.

A cette époque Radelchis{i) était duc de B^né- ^^ewi; Salerne avait pour duc Sigenulfe (2). Tous les deux étaient animés, Tun contre l'autre, d'uBe haine implacable, et se faisaient, depuis quelque temps, une guerre acharnée. Lothaire, s'il eût été moins préoccupé de ses propres quenelles en deçà des Alpes , et moins affaibli par ses revers, aurait pu profiter de cette lutte pour combattre séparément les deux ducs ri- ^^Ux , les réduire et s'assurer de leur complète ^oxiinission. Eh bien! cet empereur d'Occident, ^^ Toi d'Italie , ce petit-fils de Charlemagne , ne *ut pas même appelé , comme arbitre, pour ter- '^itier ce différend élevé dans son empire. Ra- ^^Ichis et Sigenulfe , après avoir épuisé toutes *^^ ressources que le plus aveugle ressentiment Po\ivait tirer de leur propre puissance, tous les ^^\ix à la tête d'un parti également décimé et ^ftaibli , tous les deux animés d'une égale fu-

(."1) Ou Radelgùe , el Radclgario, selon MuratDri. . C2j Selon quelques historiens , entre autres Muratori » *^<^<mulfe: ce prince tenait» sous sa loi, Salerne, Capoue^ ^^Oei'cnza , Conta et Amalfi.

reur, eurent en même temps la pensée fatale j pour ritalie entière, d'appeler les Sarrasins 3^ leur aide , plutôt que de recourir au souverairm arbitrage d'un prince qu'ils méprisaient comm^ homme , et dont l'un et l'autre se plaisaient k braver l'autorité comme souverain. Radelchi^ s'adresse aux mahométans d'Afrique ; SigenulC^ à ceux d'Espagne. Abderame envoie à ce dernier un corps de troupes considérable. Radelchis et ses auxiliaires , après de vaillans efforts et quelques succès balancés dans divers combats 9 sont complètement défaits sur un terraim marqué par un grand échec de la vieille Rome, et qu'a rendu à jamais célèbre l'aflEront des fourches caudines (1). Le duc de Bénévent perA dans cette sanglante lutte l'élite de son armée-^ une grande étendue de pays et bon nombre d^ places fortes. Le général , chargé par Abdéram^ de la conduite de cette expédition , se nommai Alphonse (2) ; d'où il y a lieu de croire, observa Ferreras , que c'était quelque seigneur chrétiei qui vivait dans les états du roi deCordoue. Âinsk ? des princes chrétiens appelèrent , et un générî^-^ chrétien conduisit en Italie ces hordes de n^'

(1) MuRATORi , Ann. d'Itat. » T. v , pag. 8, an. 845-

(2) HÙL de 1/ ANONYME DE Cazin , imprimée par P^' **' (jrim et cité par Ferreras , Hist. gêner. tCEsp.

Page 1