LIVRE IV. — CHAPITRE l
pour Rome, et c'était contre les Musulmans que
L<^n IV avait désormais à prémunir la capitale
^ la chrétienté. Sans attendre le retour de ces
bordes sauvages , et pour prévenir de nouveaux
désastres, le grand pontife se hâte d'élever, au-
^^ir de la basilique du Vatican et du foubourg
^<it elle fait partie, de fortes murailles (1) sur
^^ premiers fondemens jetés par Léon III : les
^^sors de TÉglise, les secours qu'il doit à la
''^^nificence de Lothaire et de Louis (2) , enfin
^^^^ propres richesses, servent à l'exécution de
^rand dessein*
lÊcoutons Voltaire dans l'hommage que ce scep-
e écrivain rend à un pontife de Rome (3) :
^( Les Musulmans rennrent bientôt après,
vec une armée formidable qui semblait de-
"Voir détruire l'Italie et faire une bourgade
^^~nahométane de la capitale du christianisme.
)> Le pape Léon IV, prenant, dans ce danger,
• Vine antorité que les généraux de l'empereur
^ liothaire semblaient abandonner, se montra
<1) A l'exemple de Léon IV, plusieui*s évêques cl sel- K^^urs d'itatie , autorisés par l'empereur , commencèrent ^^>n à entourer leurs villes de remparts. Milan ne fut pas ^ dernière k relever ses fortifications. Giultnï, T. r', ^ap. IV, ann. Si\S,
(2) GlULlNI , idem,
(S) VoLTAHiE, Esjt, sur l'Hist. génrr,, chap. xxiv , ^^ issance musulmane, ann. 8^8.
418 PREMlÈRf: ÉPOQUE.
» digne ^ en défendant Rome , d'y commtiMie^ » en souverain.
» Il avait employé les richesses de l'Église it » réparer les murailles, à élever des tours, à » tendre des chaînes sur le Tibre. Il arma les » milices à ses dépens j engagea les habitans de » Naples et de Gaëte à venir défendre les c6tes » et le port d'Ostie, sans manquer à la sage prè- » caution de prendre d'eux des otages, sachant » bien que ceux qui sont assez puissans pour » nous secourir, le sont assez pour nous nuire. » H visita lui-même tous les postes et reçut les » Sarrasins à leur descente, non pas en équi- » page de guerrier, ainsi qu'en avait usé Gozli$L, » évoque de Paris, dans une occasion encon » plus pressante, mais comme un pontife qo » exhortait un peuple chrétien, et comme u » roi qui veillait à la sûreté de ses sujets. » était né Romain. Le courage des premiers â^ » de la république revivait en lui dans un teir » de lâcheté et de corruption, tel qu'un < » beaux monumens de Tancienne Rome qu » trouve quelquefois dans les ruines de la i » velle. Son courage et ses soins furent se^ » dés. On reçut les Sarrasins courageusem< » leur descente, et la tempête ayant dissr » moitié de leurs vaisseaux , une partie d