LIVRE IV. — CHAPITRE III
lândolfe reste seul au camp impérial (1). Cette lâ.c^lie défection indigne et irrite l'empereur : to^ji te l'armée s'en émeut et demande à marcher cositre les traîtres. Cet incident change malheure^jisement le plan de campagne de Louis II , à qvEi il importe maintenant, avant d'attaquer Tennexni j de s'assurer de ses derrières , de tenir en rc^spect des alliés plus que douteux et de les na^ttre hors d'état de lui nuire. L'empereur di- ■^î^c son armée vers Capoue, malgré les prières ^t les remontrances de Landolfe, dont la sincé* ri t^ lui semble avec raison par trop suspecte.
Mae siège de cette place dure trois mois; enfin le^ Capouans, réduits à merci , subissent la loi du ^^inqueur. Louis charge Lamberto y duc de Spo- ^^^Xi , d'en finir avec cette ville coupable qu'il ^^^daigne de visiter. Lamberto y pénètre avec ^^c partie de l'armée, et la traite en pays con- ^^îs. Ce fait d'armes, qui absorbe un temps pré- ^^^ux pour l'empereur, termine la campagne de ''^nnée.
Louis , que la saison des froids a surpris oc- ^^pé à cette malencontreuse expédition , prend ^^^ quartiers d'hiver dans les pays qui avoisi- ^^ntle théâtre des prochaines hostilités. Il re-
.^ n)ERcnEMP., Hist., cap. xxxii. — Muratori, Ann. '^ -^r.,T. V, p. fil.
çoit comme souverain, pendant ce fatal reposai hommages des ducs de Salernè et de Bénéven t ( I qui Taccueillenl avec une grande pompe dai leurs capitales.
L'année suivante, l'armée chrétienne est réunî*-- ^ à Lucera (2) en Fouille, et se dirige menaçao/^^ ^ contre la ville de Bari qu'occupent les Sarrasins^ -^' lies partis arabes qu'elle rencontre sur sa nm\^^^ "^ sont battus , culbutés , refoulés vers la place. ^ ^' Ces avantages partiels animent l'ardeur des sol- ^^ ^' dats de Louis qui en augurent bien pour Tissue ^ ^ définitive de la campagne ; mais Bari , pendant ^ ^^ que Capoue et les rigueurs de l'hiver suspen- -^ ^ daient l'agression de l'empereur, Bari avait vu •-^ ^ s'accroître ses moyens de défense. Les chrétiens ^ ^"^ rattaqiient avec vigueur, une égale vigueur les ^=5^^ repousse : ils reviennent à la charge plus im- ^-^ pétueux , plus affames de victoire ; la fortune ^ trahit leurs efforts ; leurs premiers succès se ""^^ changent en revers : les Musulmans , d'assiégés ^ deviennent agresseurs : secondés dans la ville, secourus du dehors , ils fondent avec une fureur nouvelle sur l'armée de Louis qu'ils entourent,
f\) Dès Tannée 853 , Adelchts avait remplacé , comaie duc de Bénévenl , son frère Radeirhis. MliRATORl, Ami. dit,, T. V, année 85^, p. 60.
(2) Ou ISorerti, année 8G7.