LIVRE I". CHAPITRE III
à Léoo III des consolations et des offres de secours. Le pa[>e, qui ne se trouvait pas en sûreté à Rome , se hâte de venir à la cour de France ^ où le roi , son fils Pépin de Lombardie, le clergé, les seigneurs et le peuple , l'accueillirent avec les marques du plus vif intérêt et de la vénération la plus profonde.
Cependant Pascal et Campule, furieux de s*étre vu arracher leur victime , cherchent à fomenter de nouveaux troubles dans Rome, et renouvellent leurs calomnies contre le Saint- Père.
Charlemagne, sur la demande de Léon luimême y envoie à Rome sept évêques et trois comtes, chargés de prendre une connaissance juridique de l'affaire.
Le chef de cette mission délicate était l'archevêque Arnon, homme de haute science, d'une éminente vertu , et propre aux plus importantes négociations. Le résultat de l'enquête fut ce qu'il devait être, une éclatante justification de Léon 111 , qui rentra bientôt en triomphe dans la capitale de la chrétienté.
Pendant ce temps, Charlemagne, puissamment secondé par son fils Popin, terminait ron- 're les Huns une guerre glorieuse.
Il passe l'année suivante en Italie, à la prière
du jeune roi , qui a repris sa lutte contre Gri* moald sans pouvoir le réduire (1).
Mais cette guerre de Bénévent préoccupe moins la pensée du monarque que les sollicitations nouvelles de Léon qui le presse de visiter Rome pour la quatrième fois. Il s'y rend avec le roi de Lombardie : l'entrée du grand monarque est un triomphe; à son approche, et sur son passage j s'élèvent des louanges à sa gloire et des vivats d'enthousiasme dans toutes les langues de l'univers, car le monde entier a retenti du bruit de ses victoires , et chaque nation eut de tous les temps quelques uns de ses citoyens dans la première des cités chrétiennes.
Quelques jours après , l'église de Saint-Pierre fut témoin d'une imposante solennité permise par Charlemagne , moins pour sa propre conviction que pour l'édification publique.
Le pape et les deux rois , assis sous les voûtes de la grande basilique , étaient entourés des évoques et des abbés qu'ils avaient fait asseoir ; les prêtres , la noblesse de France , de Lombardie et de Rome , assistaient debout à cette solennité ; le peuple remplissait les avenues et l'enceinle
(I) PlTFKNDORFF, His(. gèn<r.,'V. Il, liv. ïi, rhap. il. page 71.