LIVRE 1". — CHAPITRE
viste j on lui crôve les yeux ; le malheureux
fik d'Irène meurt bientôt par suite de ce cruel
baitanent ; et sa mère, qui feint le plus grand
désespoir, qui jure de punir ce crime odieux ,
lamère parricide est proclamée impératrice. Son
prenûer scmi , pour gagner le peuple , fut de le
décharger de tout impôt ; mesure d'un moment
et de circonstance , comme toutes celles de ce
genre qui servent à se jouer d'une foule crédule,
toujours plus avide d'être dupée.
Quelqu'empressemeût que pût mettre l'impératrice à réparer les maux occasionnés à l'Ëglise par les persécutions de Gopronyme, et à se montrer {urotectrice des défenseurs de la foi catlu^que en Ori^it, Rome ne fut pas moins in-* dignée de l'atroce attentat qui avait livré le pouvoir aux mains d'Irène; toute l'Italie fut émue par le même sentiment d'horreur.
Charlemagne, à qui l'impératrice avait envoyé des ambassadeurs, qui disculpèrent mal leur souveraine , vit dans cette odieuse révolution un crime qu'il laissa à d'autres le soin de punir, mais dont sa politique se promit de profiter. Un événement inattendu, qui jeta le trouble sur les bords du Tibre, vint hâter le dénoûmeni que îévaii en secret son ambition.
Deux prêtres, Pascal et Campule, Tun pri-
micier, l'autre trésorier de l'Église romaine , tous deux neveux d'Adrien et soutenus par quelques seigneurs mécontens , avaient osé répandre dans Rome et transmettre au roi des Francs, un libelle contenant les plus graves accusations contre l'administration temporelle de Léon III.
Leurs calomnies n'ayant pas produit à la cour de Gharlemagne TefTet qu'ils en attendaient , ils attaquent, avec une troupe de scélérats , le.souverain pontife sorti à cheval du palais de La- Iran (1), le jettent à terre, l'accablent de coups, poussent enfin la rage jusqu'à tenter de lui arracher la langue et à lui crever les yeux (2). Les lâches assassins traînent ensuite leur victime, ainsi meurtrie et mutilée , au monastère de Saint- Sylvestre. Le ducdeGuinechis(3) étant accouru au secours de Léon avec des troupes fidèles, prvient bientôt après à arracher le saint pontife de sa prison.
Une ambassade de Gharlemagne vint porter
(1) Anast., in Léo III, armo 799. — Egin. — LoiSEL. atm. 799. — Théoph. , atm, 7. — CONST. , cités par B.-B. • Hist. de l'EgL, T. iv, page 241.
(2) PUFFENDORFF, Introd. à rHisf de L'Vniv, , ï. ii, liv. II, chap. Il, page il.
(3) Ou Giiinegiso ou Miiicgisr.