‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 219 sur 380 · LIVRE IV. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE V

£t celui à qui s'adressent ces incroyables menaces, celui qui s'en intimide, est le même monarque qui naguères écrivait au pape Adrien: « Ëcrivez-nous comme vos prédécesseurs ont I» écrit aux rois nos ancêtres, d'un style qui » convienne à votre sainteté et à notre Majesté. . . . 9 Les rois de France ne sont pas les serviteurs » des évêques^ mais les maîtres de l'État. » Et ce roi de France devenu depuis, roi de Lombardie et empereur d'Occident , n'a plus rien à répondre au langage allier du successeur d'Adrien , «t ce front chargé de trois couronnes, fléchit devant une semblable menace du Vatican !

Charles4e-Ghauve part en toute hâte pour se rendre à l'appel impérieux de Jean VUI, laissant la France inondée de Normands, que ses échecs lécens en Germanie ont rendus plus audacieux. Déjà ce prince avait une première fois acheté, par une somme de sept mille livres pesant d'arg^nt , une paix que bientôt après les barbares avaient rompue ; pressé par sa situation toujours f^<is critique , Charles retombe dans la même *^te et pousse Tinfâmie jusqu'à publier , en mt, un capitulaire pour régler les trique ses peuples paieront aux Normands (1).

Cl ) (]e tribut était d'un sou pour chaque maison de sei-

^flAPlTRE V. 53

•A^ ^i Louis comprit

'l^J •'• , 'argédu

i. * ^ ^ • - i lesNor-

'^^ ^ > incessaotes

^^*.^ * ugle ambition,

^^^ ''■ . de la Lombardie

1(ti ' avoir été proclamé roi.

(i^ son départ de Pavie , créer

in , et lui confier l'administra-

.ouveau royaume. Le choix avait

leux. Boson y par son orgueil y sa eu-

. l'intempérance de sa vie , avait froissé

tl de la généralité des Lombards; sans force

*^^e sans droit pour s'opposer aux exactions

"^ ^ucs et des comtes que son exemple encou-

'•K^^t dans leurs odieux écarts, Boson n'ins-

ï*'^ bientôt plus que la haine et le mépris. Et

^ Mépris , cette haine qu'envenimait le con-

^Tast^ des souvenirs légués par Louis II, ne tardè-

'^^l pas à déborder sur le trône de Charles dont

"^^n était le triste représentant. A ces causes

^®ïiiécontentement et de déconsidération, Temr

'^^ur vint ajouter la double honte de ses fa-

^^s concessions aux Normands, et de la récente

^^ftiite qui avait couronné sa coupable agres-

*^l^ contre ses neveux .... Charles - le - Chauve

52 PREMIÈRE ÉPO0I3E.

Qu'est un pas de plus dans la voie de la honte quand une fois on y est entré !

Ainsi 9 sous un descendant de Charles-Martel, ce foudre de guerre, vainqueur des Arabes ; sons un petit-ftls de Charlemagne j ^exterminateur des Saxons et conquérant de la moitié du monde ; sous un autre Charles enfin, la couronne impériale d'Occident se fit l'humUe tributaire de quelques hordes de barbares ; et un décret souverain détermina la part que chacun devait subir de cette immolation de l'honneur national ! Cette grande honte une fois bien établie et passée ii l'état de règlement d'administration publique, Charles-le-Chauve se porte au delà des Alpes...

C'était une tâche difficile que de succéder i l^ouis II dans le royaume d'Italie. Charles-le- Chauve avait tout fait pour rencontrer plus de difficultés encore dans cette délicate mission.

l^uis , roi de Lombardie, vivait au milieu de ses Lombards : il voyait , il réglait tout par iaimémo ; et l'on sait que partout où est l'œil do mattre , tout marche dans l'intérêt de tous , da roi comme des peuples , lorsque le mattre veut le bien et qu'il sait vouloir en assurer lacco©-

gnour. Les hommes libres étaient taxés à proportion ; i^ éréques avaient ordre de faire contribuer leurs prêtres.

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