LIVRE 1". — CHAPITRE l
» l'aurait dépouillé s'il avait osé se montrer » audacieux , mais que l'on soupçonne toutefois » de jeter furtivement un regard de conv(^tise )» sur la Lombardie , depuis que la mort s'ap- 1» proche deCarloman. Or, quel appui le Saint- » Siège auraitrîl à se promettre de oe monar- ^ que imbécile?
» Dans cet état de choses, un prince tout
M dévoué aux intérêts de Rome , un prince déjà
1» maître d'un tiers de la France et que le pape
)» proclamerait roi de Lombardie, ne pourraii-il
1» pas être un puissant boucher contre les enne-
p mis de TÉglise? Ce prince, c'est Boson : déjà
» il tient la Provence et la Bourgogne sous son
y» autorité ; cet État y accru de tout le pays des
)» Lombards, deviendrait une puissance formi-
» dable... et nul ne semble avoir plus de droits
» à invoquer pour l'obtention de cette couronne*
» et plus de chances de réussite que Boson. U a
» été duc de Lombardie ; sa femme est la fille
» de Louis II dont le souvenir est gravé au fond
» de tous les cœurs lombards. L'impératrice
» Ângilberge a conservé des amis dans ce royau-
» me ; ses froideurs pour Boson ont cessé du
» jour où il lui a fait entrevoir une couronne de
» reine sur le front de sa fille. Que Jean VIII se
» joigne à Angilberge , à Boson^ pour assurer le
)) succès de cette grande entreprise, et Rodi » n'aura pas d'ami plus déyoué, plus sooiDtt » ses ordres et plus capable de prendre en mai^ » sa défense. »
Jean Y III , avec cette inconséquente légèreii^ -^ " qui fut le cachet de bien des actes de sa vie* na^ ^^, doute pas de la complète réussite des projelsde^^^
Boson; il lui promet de le seconder , le pro-^clame hautement son fils adoptif , espérant par^ ^^' là presser le dénoûment de cette intrigue , et ill ^ écrit à tous les souverains pour leur donner ** "^^^^ avis de sa décision... Il nous est resté son éptlre ^^^^^ à Charles de Suabe, dans laquelle on remarque ^^ ^^^ le passage qui suit : « Nous avons trouvé bon 0^<^ ^ d'adopter comme fils le glorieux prince Boson^ «- » pour lui laisser la gestion et le soin des inti — » rets temporels de ce monde , et ne nous plus^:^-»JK » occuper que des choses de Dieu. Ainsi , je vous sifs ms » conseille de vous contenter des limites de vo— -^=»- » tre royaume et de vivre en paix ; car nous ci — -s- » communions, pour le présent et pour l'avenir- t. » quiconque oserait tenter de se prononcer con^E~> » tre notre bien-aimé fils en question (1). »
Le souverain pontife écrivait en même lemC * à rimporalrico Angilberge : « J'ai trouvé , à A^k*-
(I) KpÙL 110 Johan. VIII papiv, aiiiio 878.