LIVRE r'. — CHAPITRE
archevêque (1). Personne n'obéit à cet ordre et Jean VIII n'ose plus insister (2).
Cependaunt , inquiet de toutes les intrigues du pontife qui , dans sa colère , laisse percer l'intention de livrer l'Italie à la cour de Constantin Bople plutôt que de la voir tomber en partage à un prince qui dédaigne son concours, Charles de Suabe se décide à partir pour la Lombardie, et à s'assurer de cette couronne que ne peut plus espérer de ceindre le front mourant de Carloman.
Jean YIII j hors de lui-même à cette nouvelle , envoie en toute hâte deux évêques auprès d'Ansperto qu'il vient d'excommunier ; ces prélats sont chargés de rappeler à l'archevêque les récentes injonctions de Rome, d'employer les menaces, et, au besoin, les prières et les promesses pour le ramener à l'obéissance. Ansperto, pour échapper à ces nouvelles persécutions , fait fermer sa porte à l'approche des envoyés du souverain pontife. Unelettre de Jean VIII lui-même nous fournit ces incroyables détails, et nous apprend (3) que les légats furent contraints
(1) Episu pap. Joah. VIII, 21, 222.
(2) GiULiNl, T. I", liv. vil, p. 885 et 411. — Verry, T. 1", p. 110.
(3) EpisL 126, Legatos,.., non suscipient, pn^faribus.
d'expliquer le but de leur mission , à trams la porte du salon épiscopal.
Charles , sur ces entrefaites , arrive à Hilan : Ansperto , en dépit des prohibitions et du courroux du Saint-Siège , convoque la diète générale du royaume et proclame ce prince , roi de Lombardie (1).
Ce couronnement de Charles de Suabe précéda de quelques mois la mort de Carloman (8) qui y ainsi de son vivant j eut un successeur m trône de Liombardie, comme Charles-le-Chauve, vivant encore , Tavait eu dans la personne de Carloman lui-même.
partœ dici tibinostra cammumcationes verbafaciemes,etc, (GlULINI, T. l*,liv. VII. — VKRRY,T. T', p. 109 et 110.)
(1) Vers la fin d'octobre, ou vers le commeocemeni df noyembre de 879. (Muratori, T. v, p. 128. )
(2) Carloman, d'après les annales de Fuldes, seraii mort le 22 mars 880.
CHAPJTRÇ H.
Le pap« Jean VUI el rempcrevr d'Orient. — PImUus reeoiuiu pa,triarche. — Il dupe le Saint-Siège. — Mort de Louis-le-JS^^ue et ^e Carloman de Bairlère. — Conflit d'ambitions. — Gharles-letfroâ.— Jean VIII le s^cre «mp^eiir.— Jhnemi^^res irJctoIres de ce monarque. — Il quitte l'Italie. — Mécontentement de la Pénin- •Die. - L'arcberéqne Ansperto. — Ses bienfalta. -* Sa mort et celle de Jean Vlli. — Gharlcs-le-Gros s'empare de la couronue de France. — Lc^ fardeau de l'^empire eat trop lautd pour aa faiblesBe.— NouTeauz progrès de la /éodalité eu FriMlce et en Loo»bardip. ~ Les dncs de Bénérent se donnent aux empereurs grecs. — Bérenger de FriouL— Guy de SpolelU. — Commencement de la rivalité de ces deux ducs célèbres. — Lultward, ministre de l'emiperear. — Sa puissance. —Sa cbute.— D^oh<$ancc de Cliarles-le-Gros. —Sa mort.
^ Dé S79 à 898. -
Tout en Occident déjouait les espérances de Aean VIII. Les Sarrasins menaçaient Rome. La cour de France dédaignait ses offres et lui refusait ou ne pouvait lui accorder le secours qu'il demandait. Les cours d'Allemagne lui étaient hostiles. Son propre clergé méprisait ses ordres et ses censures.
€e poniife n'avait pas attendu d'être réduit à cette extrémité pour songer à détruire , au ibe- 8oin y l'œuvre des papes Êti^Oine et Léon , et à
rejeter Rome et l'Italie sous la puissance de Constantinople.
Basile tenait toujours les rênes de Tempire du Bosphore. Ce prince avait réduit tous ses ennemis d'Orient; ses flottes naviguaient, respectées et redoutables, le long des côtes de l'Italie. Jean YIII pouvait espérer de trouver dans ce prince un appui contre les infidèles , aussi bien que contre les rois de la chrétienté qui se montraient hostiles. Aussi, tandis qu'il négociait avec le roi de France, tandis qu'il offrait à Louis-le-Bègue , à Charles-le-Gros et à Garloman , la couronne impériale ; tandis qu'il agissait ouvertement en Italie en faveur de Boson et contre l'intérêt de ces mêmes princes , ses légats traitaient avec l'empereur d'Orient. En retour des bons offices qu'on réclamait de ce monarque , les envoyés de Rome lui laissaient entrevoir la destruction de l'empire d'Occident et le retour de l'Italie sous la domination de Constantinople.
Un motif apparent servait à couvrir ces honteuses intrigues.
Bogorisy roi de Bulgarie j cédant aux instaoces de sa femme qui était chrétienne , setail. depuis quelques années, converti à l'exempt deClovis et d'Egbert; et, C4)mme ces deux roi^*