‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 234 sur 380 · LIVRE I''. — CUAPIWŒ II · texte numérisé non relu

LIVRE I''. — CUAPIWŒ II

il: avait entraîné ses peuples dans sa nouvelle croyance. De graves disputes s'étaient élevées entre Gonstantinople et Rome y pour savoir de quel patriarcat ressortirait cette nouvelle pror vince. La décision dépendait. de Basile, qui avait pour lui la force et ^autorité. Les Russes ayant suivi l'exemple des Bulgares , le patriarche Ignace avait étendu sa juridiction sur ce peuple comme sur la Bulgarie. Jean VHI protesta contre ces prétentions, surtout à l'égard des Bulgares. Quand les légats arrivèrent à Gonstantinople, le vertueux Ignace était mort, et l'adroit Pbo^ iius avait usé de tant d'artifices auprès de l'empereur Basile , qu'il était parvenu à rentrer en grâce et à reprendre possession de J'Église pa^ triarcale. Photius gagna les envoyés du pape ; il écrivit à Rome, et fit écrire l'empereur lui-r mém^ , pour que Jean VIII l'agréât comme légitime patriarche. Il était devenu tout puissant à la cour de Basile; son orgueil s'humiliait devant le pontife romain dont il reconnaissait la suprématie, en lui demandant comme une grâce de sanctionner sa réintégration. Il faisait, du reste, dépendre de cotte complaisance de Rome, la décision à intervenir sur la question des Bulr gares , et l'envoi des secours dont l'Italie avait besoin contre les ravages des infidèles.

Jean VIII j sans s'arrêter k la crainte de paraître ^ en reconnaissant Photius, condamner la sage conduite de ses prédécesseurs, a{^rouTe le rétablissement de l'audacieux sectaire (1), sous la condition expresse toutefois, que la juridiction de la Bulgarie ser9 rehdue au Saint^ége, que Photius fera amende honorable devant un concile^et qu'on enverrii les secours promis. Le pape déclare en ibême t^nps, que tous éréqim ou clercs qui refuseraient de communiquer arec le nouveau patriarche y seront ^ après trois admonitions j déclarés excommuniés.

Photius , dès le mois de novembre ( 879), assemble le concile où ^ selon les lettres dn pratife de Rome j il doit foiro le désaveu de ses scandales passés. Trois légats du pape assista à cette assemblée; mais c'est Photius cjui h préside, et il se fait nommer dans tous les actes avant le souverain pontife. On y donne lec^ ture des lettres de Jean VIII ; mais on en supprime les articles relatifs au pardon que devait demander Photius, et à l'absolution que lui accordait le pape en raison de sa soumission et de son humilité. On ajoute à ces lettres des phrases à la louange du patriarche schismatique, e(,

(1) Année 879.

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