LIVRE V'é — CHAPITRE II
dernier effort , avait vainement tenté de déposséder de son archevêché. Ce prélat était doué de rares vertus, de grandes qualités j et possédait des richesses immenses dont il fit le plus noble usage. Par ses soins et à l'aide de ses trésors y furent reconstruits y autour de Milan , les murs d'enceinte qu'avait élevés l'empereur Maximien, et qui protégèrent cette ville jusqu'à l'invasion de Barberousse, au xii'' siècle*
« Profitant, » dit le comte Verry, « de la fai- » blesse ou de l'absence des rois , Ansperto agit » lui-même en souverain bienfaisant et en res- » taurateur de sa patrie. Il releva le courage des » Milanais , et rappela dans la ville une grande » partie de la population que la terreur en » avait exilée. De cette époque, » ajoute le même historien, «date la renaissance de cette citécé- » lèbrc, qui ne recouvra toutefois son rang de » capitale de la Lombardie que deux cents ans » après (1). »
Sous riiabile et prévoyante administration d'Ansperto , les couvens , les abbayes , les églises , les hôpitaux , reprirent une nouvelle vie , par Tordre , Téconomie , la discipline qu'il sut y maintenir. Il aimait la justice et se montrait
(l) CoinleVERRY, r. 1% p. 3.
9(j DEUXIÈME ÉPOQUE.
ferme et inébranlable dans ses résolutions : £/fector i^oti y propositique tenax, ainsi que le £t son épitaphe conservée à Milan dans Féglise de Sainte Ambroi se (1).
Anselme , archidiacre de la métropole, fut le successeur d'Ansperto.
Jean YIII suivit de près au tombeau (2) son orgueilleux adversaire de Milan. Les annales de Fulde disent qu'il fut assassiné à coups de mxtteau ; l'histoire de l'Ëglise ne parle pas de cette mort violente.
Selon Baronius y la condescendance ou plutM l'étrange faiblesse de ce pape à l'é^rd de Basile et de Photiusy aurait donné lieu à la faUe delà Papesse Jeanne : la légèreté y rinconséquence des actes de ce pontife j l'auraient fait appder Jeanne la Papesse. Dans le même sens y les Aih
(1) GlULiNi , T. r', p. 366. — Verry, t. I",p. 108. La famille des Confalonieri de ceUe ville prétend compter ce prélat illustre parmi ses plus anciens membres.
Le comte Giulini croit la chose possible , probable même; seulement cet historien ne pense pas que jamais Ansperto ait porté le nom de Confalomero. Ce n*est que quelque temps après la mort de cet archevêque , que sa fanuUe paraît avoir occupé la place de Confcuaniero de père en filsi et en avoir pris le nom, comme nous l'avons remarqué pov les Visconti ; comme le fireyit aussi les Capbam, les Gc»' talcU, et plusieurs autres anciennes familles dont le nom, s ce n*est la véritable descendance, est venu jusqu*^ nous^
(2) En décembre 882.