‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 239 sur 380 · LIVRE r\ — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE r\ — CHAPITRE II

glais ont depuis appelé un de leurs rois y la Reine Jacques. De même , mais dans un sens héroïque et conséquemmenttoutopposé; fut poussé naguère en Hongrie ce cri d'enthousiasme si fameux : moriamur pro rege nostro , Màriâ- Theresâ.

Nous rapportons l'opinion de Baronius y en rappelant toutefois que Je plus grand nombre des anciens partisans de cette fable honteuse y ont placé Jeanne entre Léon IV et Benoît III.

L'Italie, après le départ du nouvel empereur, était retombée dans ce déplorable état d'abandon où nous «l'avons vue plongée quelquefois, mais à de rares intervalles, depuis Gharlemagne. Plus que jamais elle fut délaissée par Charles-le- Gros, que la mort de Carloman de Bavière , de Louis 111 , et enfin de cet autre Carloman , fils de Louis -le-Bègue , avait rendu maître d'un des plus vastes empires qu'ait jamais réunis sous sa loi la couronne de France.

Un fils de Louis-le-Bègue et d'Adélaïde, sa seconde femme, Charles, âgé seulement de quatre ans, devait être l'héritier de ses frères ; mais les grands du royaume , gagnés par les largesses de Charles-le-Gros , excluent du trône le faible enfant, prétextant non seulement sa trop grande jeunesse , mais encore son état douteux

de fils légitime , attendu qu'il est né d'une seconde femme de Loui^le Bègue du vivant dp la première. Les armes et les arguties ne manquent pas quand on veut frapper qui ne peut sp défendre. Charles-le-Gros se saisit donc de la couronne de France qui revenait à son neveu et la réunit à ses autres vastes possessions. Triomphe funeste , fortune trop immense pour le faible génie qui osa l'ambitionner. Charles se trouva empereur d'Occident, roi d'Italie, maître de toute la Germanie, de la Pannonie et de la France, à l'exception des provinces usurpées par Boson, mais qui du reste ressortaient encore en quelque sorte de sa souveraineté. La domination de ce monarque s'étendait en outre sur les contrées comprises entre les Pyrénées et l'Èbre.

Il fallait toute la force de Charlemagne pour soutenir le poids d'un tel empire qui écrasa Charles-le-Gros ; et encore , en de semblables <M>njonctures, tout le génie du grand homme n'r eût peut-être pu suffire.

Dans la tourmente qui va envelopper et engloutir la puissance de Charles-le-Gros , il faut se garder d'attribuer tant de calamités à la seule faiblesse de ce malheureux prince. Il est, par intervalles, pour les peuples, pour les empires, des situations tellement compromises , des i&t

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