‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 240 sur 380 · LIVRE r'. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE r'. — CHAPITRE II

dances tellement entraînantes et irrésistiMes, que nul effort humain ne semble capable de mattriser ces situations et de refouler ce courant envahisseur auquel tout cède. Conquérir est chose moins malaisée que conserver après la victoire. Le génie d'un seul suffît pour la conquête ; et encore faut-il que le conquérant n'ait pas de trop longs jours pour ne point survivre à l'éclipsé de sa glorieuse étoile.... Après lui, viennent des successeurs plus ou moins à sa taille, sur la puissance desquels le temps et les chose» humaines agissent de toute la force de leur action dissolvante. Le char lancé atteint par l'énergie de l'impulsion première, une certaine hauteur, mais au delà vient la pente où l'on descend , la pente telle que les années et les passions des hommes l'ont faite. On lutte d'une main plus ou moins exercée, parfois on parvient à ralentir un peu la marche , mais on mairche, mais on descend toujours ; puis vient un moment où tout moyen de lutte, tout effort pour enrayer, tourne à mal et précipite le char vers l'abîme qui est là, béant, avide, terrible, inévitable. Vienne alors un homme quel qu'il soit : les rênes se briseront aux mains du plu3 habile, du plus fort, et l'on roulera dans le gouffre si Dieu ne dit au ckar: Arrête. Dieu ne le dit pas toujours,

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sa sagesse veut que toutes nos passions portent leurs fruits ; elle permet que toutes les utopies humaines aient leurs jours de triomphe, d'essai et de désillusions. Dieu a ses vues , que nous avouons humblement ne pas toujours comprendre; car, à travers ce long enchatnemeni de siècles où tout se bouleverse , se relève , se reconstruit et se brise pour se réédifier encore, une chose nous semMe rester seule immuable, malgré tant de leçons , d'épreuves et d'amers désenchantemens , et cette chose, c'est la folie des hommes et leur stupide engoûment pour tout ce €[ui porte un cachet de nouveauté.

Charles-le-Gros avait imprudemment saisi le sceptre de Charlemagne dans une de ces crises décisives où nulle main ne peut plus le tenir sans péril , et où il échappe promptement à une main débile : situation critique, sans issue, désespérante ; les fautes de ses prédécesseurs, les malheurs du temps et les impérieuses tendances de Fépoque ainsi l'avaient faite.

Charles-le-Chauve , en donnant le duché de France à Robert-le-Forlj bisaïeul d* Hugues Capet y et en rendant héréditaires les grandes charges de la couronne , avait non seulement fécondé, comme nous Tavons dit, le germe de Teffroyable confusion et des rivalités ambitieu-

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