‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 246 sur 380 · LIVRE 1". — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 1". — CHAPITRE II

e loi et tout fouler aux pieds ; tous ces orgueils Cessés se liguèrent pour faire de cet orgueil [ominateur un grand holocauste à leur jalousie oujours croissante et à leur haine long-temps imprimée.

La faiblesse de la santé de Charles et la préoccupation d'esprit qu'exigeait la conduite d'un «ipire trop vaste pour lui y avaient influé sur es facultés mentales de ce prince. On profita le cette circonstance pour faire parvenir jusqu'à ui des accusations qui touchaient à son honleur et dont s'irrita sa fierté; on sema des inûnuations infâmes à l'occasion de la confiance |ue l'impératrice accordait à Luilw^ard. Charles, ivec cette précipitation et cette brusque violence de tous les hommes faibles quand leur tête s'irrite, chasse son ministre sans rien examiner et le dépouille de ses honneurs.

Peu de jours après il fait comparaître l'impératrice Richarde devant son conseil , et déclaré, à la grande surprise de toute l'assemblée , que depuis dix ans il n'a eu aucun commerce avec elle. L'étonnement redouble quand la princesse ajoute à cette déclaration de l'empereur, qu'elle n'a jamais partagé sa couche et qu'elle est restée vierge ; elle fait l'offre, au moins étrange, de le prouver par le duel ou par l'épreuve du feu,

L'innocence de Richarde fut reconnme et proclamée; mais l'impératrice, fuyant une cour eè Ton avait voulu la couvrir d'opprobre , se retira dans un monastère d'Alsace où elle mourut en odeur de sainteté.

L'audacieuse ambition et l'inflexiUe fermeté de Luitward avaient servi de bouclier à la Eii* blesse de Cbarles-le-Gros. Ce rempart tombé, les mille têtes de l'hydre féodale surgissentde ses décombres. La chute du ministre favori «tihardit toutes ces ambitions de vassaux y à qui^ pour les satisfaire, il faut au moins une couronne de roi. Le péristyle une fois franchi, on envahit le temple et l'on souille le sanctuaire.

Maintenant c'est l'empereur qu'on attaqoe; c'est à l'empereur qu'on demande compte de l'honneur de la. France, livré aux Normands par un traité honteux ; de cet honneur national « vaillamment soutenu dans les murs de Paris, malgré les horreurs de la famine et une effroyable contagion , par le comte Etu/es et l'évéque Goslitiy et que Charles a marchandé lâchement à prix d'or avec des barbares.

Tous les cœurs se soulèvent de mépris , la révolte se propage et devient générale. Les grands de la Germanie , profitant de cette fermentation qui agite la France et l'Italie , s'assemblent eu

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