LIVRE I*'. — CHAPITRE iil
A peine couronné j Guy envoie des ambassadeurs à Arnolphe , avec prière de le reconnaître et de conflrmer sa royauté en échange de son hommage et de sa foi ; mais le fils de Garloman avait déjà reconnu Bérenger qui , dans sa défaite, attendant le moment de prendre une éclatante revanche , avait aussi ses émissaires auprès de la cour de Germanie.
Arnolphe était alors préoccupé de l'imminence d'une guerre près d'éclater entre lui et le duc de Moravie. D'ailleurs la continuation des troubles d'Italie , en épuisant des partis rivaux qui faisaient ombrage à sa puissance, servait merveilleusement ses desseins secrets. Il resta plus d'une année dans une neutralité qui lui permit de juger les hommes et les choses de manière à pouvoir plus tard prendre le parti le [dus utile à son ambition.
Seulement il eut soin par quelques édits , où toutefois il ne prenait pas encore explicitement le titre de roi de Lombardie , de faire acte de souveraine puissance dans ces contrées : tel fui, entre autres , le décret qui maintint l'impératrice Angilberge dans ses possessions et ses propriétés de la Péninsule.
Guy, peu rassuré par l'attitude d'Arnolphe et les intrigues de Bérenger pour recouvrer la cou-
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ronne de Lombardie j eut recours (1) à un moyeD audacieux qui lui parut devoir imprimer plus de force et de stabilité à 8a naissante puissance.
« Arnolphe, se dit«-il, refuse de me recon- » naître comme roi ! mais Arnolphe n'a reçu le » titre d'empereur que de la diète de Tribor. » Cette élection y à laquelle la France et Tltalie v n'ont pris aucune part> ne peut, en réalité, » créer de droit qu-en Germanie. C'est au pied V des autels de Saint-Pierre que Charlemagne » et ses descendans ont pris ou reçu la couronne » impériale qui les faisait les arbitrer des rois. » Depuis Charles-Ie-Gros , aucun front n a ceiol » à Rome ce glorieux diadémOi L'anarchie qui » dévore la France l'a peuplée d'une foule de 1» faibles dominateurs > et celui (2) qui prend le )» vain titre de roi de France , traité lui-même » comme usurpateur par la majeure partie des y> Français , est hors d'état de jeter un regard y* d'ambition sur cette couronne que Ton garde » aux bords lointains du Tibre.
» Arnolphe, lui-même, ne soutient contre » Suinteboldj duc de Moravie, qu'une lutte
(i) MiRATOKl, Ann. d'If., aiiu. 891.
(2) Eudes. Ce ne fut, comme nous le verrons, que deni ans après, en 893 , qu'il rendit une partie du royaume df b rance à ihàrltmAe-SimpU.