LIVRE 11. — CHAPITRE
tendant à constituer le mieux possible l'administration de ses Ëtats (1).
Ëbloui de la haute dignité que sa téméraire ambition vient de conquérir, le nouvel empereur oublie bientôt que , lasse de tout^ domination étrangère y l'Italie , en cherchant d'abord des souverains dans les ducs deSpoletti et deFrioul, et en applaudissant ensuite avec enthousiasme à son sacre comme empereur, a entrevu et honoré en lui et en Bérenger , moins des descendans de Charlemagne que des princes italiens ; il oublie que dans leur double avènement, elle a salué le triomphe de la cause italienne sur les {Nrétentions de l'étranger ; et l'imprudent rival de l'ancien duc de Frioul , ne songeant qu'à se prévaloir avec orgueil de son illustre origine , fait graver sur le sceau de l'empire ces mots insensés :
Renwalio regni Francorum.
(1) On trouve, dans ie recueil des ioù lombardes, des décrets de l'empereur Guy, que les compilateurs y ont inséréf, comme avant été publiés par ce prince en sa qualité de rot de lomhardie , et qui eurent de son vivant, comme après lui, force et vigueur en Italie.
Il en est un au livre ^^ sous le titre : de Commitm. Un autre au même livre. ...de Invasionibus Un autre au livre ir.... de Successionibus, Et deux autres au livre m, — 12*" et 13* titres. Ces décrets font honneur à la sagesse et à la sagacité de Guy.
de Zueaiebold, Maginfredoy comle du palais de Guy et comte de Milan (1), que Fon croyait l'un des plus dévoués partisans du nouveau régime.
Guy ne se laisse pas décourager par ces nombreuses défections et se renferme dans IV vie . Zuinlebold et Bérenger viennent attaquer cette place; leurs efforts échouent contre le courage et la constance de Guy. Le fils d'Arnolphe y fatigué des obstacles qu'il rencontre et de la longueur d'une lutte qu'il croyait terminer par sa seule présence, lève le siège et nmène ses troupes en Germanie. Guy fond alors avec toutes ses forces sur Béranger, qu'une prompte fuite au delà des frontières de Lombardie dérobe seule à la poursuite de son ardent compétiteur. Le roi vaincu va chercher un asile à la cour d' Arnolphe , où le suivent d'autres seigneurs italiens , ennemis des deux nouveaux empereurs.
Le pape Formose n'avait couronné qu*à regret (2) le ûls de Guy; ses secrètes sympathies étaient pour la cause de Bérenger. Il fit supplier Arnolphe de venir lui-même en Italie, soit pour assurer le triomphe de cette cause , soit pour mettre fin à de sourdes intrigues ourdies à Rome
(1) GiULiNï, lib. vin.
(2) MURATORI. Am. d*ii,, anno 893.