‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 260 sur 380 · LIVRE H. — CHAPITRE l · texte numérisé non relu

LIVRE H. — CHAPITRE l

contre le pape lui-même, et qui menaçaient rËglise d'un schisme scandaleux. Le désordre et la confusion étaient sur les marches dû trône apostolique comme sur tous les trônes du con-* tinent.

Les instances de Formose , jointes aux près** santés sollicitations de Bérenger et des autres seigneurs d'Italie réfugiés à la cour de Trêves , déterminèrent Arnolphe à une nouvelle prise d'armes. La fin de 893 ou les premiers jours de 894 virent l'armée de Germanie y que commandait Arnolphe lui-même y camper sous Vérone qui y dévouée à Bérenger , ouvrit ses portes sans résistance. Brescia imita cet exemple.

Il n'en fut pas de même de Bergame y où commandait un comte Ambrogio ou Ambroisey pour l'empereurGuy.Ondut faire le siège de cette ville et la battre en brèche au moyen de machines de guerre. La défense fut longue et opiniâtre de la part des troupes et des habitans. Prise enfin d'assaut le i février (1), cette malheureuse ville subit toutes les cruelles conséquences d'une agression de vive force. L'évêque Adalbert, qui avait partagé les périls et soutenu par son exemple le courage des assiégés y fut jeté dans une

(1 ) Vieille chronique de Bergame, découverte par Giudm, aon. 896.

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prison. Le comte Ambroise, cherchant un der^ nier refuge dans une tour , s'y défendit longtemps en désespéré. Tombé enfin au pouvoir d' Arnolphe , il fut pendu à un arbre par ordre de ce prince. La ville fut pillée et à demi détruite ; ses remparts furent démolis. Cet exemple terrible intimida les autres villes qui ne songèrent plus à résister. Milan flt sa soumission ; Maginfredo^ à qui l'insuccès de la première expédition avait fait chercher un asile à la cour de Germanie , et qui avait suivi Arnolphe dan» cette nouvelle invasion, reprit sa charge de comte de Milan et de comte du palais , au nom et par l'autorité de ce prince.

Guy et son fils s'étaient éloignés de Pavie à l'approche de l'armée victorieuse, et trop formidable cette fois pour songer à lui résister.

Arnolphe entre en triomphateur dans cette capitale qui s'est hâtée de lui ouvrir ses portes. 11 y réunit une diète ; et tout fait croire , bien qu'il n'en reste aucune preuve écrite, qu'il s'y fil couronner ou tout au moins proclamer roi d'Italie (1) , sans enlever toutefois ce titre à Bé-

(1) Voici ce qui fait penser à Giuiini qu* Arnolphe se fil proclamer roi d Italie dans cette circonstance.

Quoiqu'il n*eût pas cessé de se prévaloir de ses droits sur ce royaume, et qu*il eût fait, depuis l'élection de Tribut à l'égard de ce pays, quelques actes de souveraine puissance

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reDger qu*il replaça sur te trône lombard^ comme son vassal \ aux mêmes conditions, sans doute, que le furent les rois de Lombardie sous Chartemagne et sous les premiers successeurs du grand homme. Amolphe nourrissait d'autres projets : son ambition n'était qu'à moitié satisfeîte ; Rome attirait son regard ; Rome avait disposé d'une couronne dont Téclat y au front de Guy> blessait son orgueil ; il lui tardait d'aller lui-même 9 dans la capitale de la chrétienté, chercher la réparation de ce qu'il appelait un outrage à sa majesté , une atteinte à ses droits ; mais la crainte que le duc de Moravie ne profitât de son absence pour recommencer la guerre, lui fit ajourner l'accomplissement de son dessein. Il partit, laissant derrière lui d'autres périls non moins grands que ceux qu'il allait affronter.

Guy, à la nouvelle inespérée de ce départ, sent renaître l'espoir d'arracher la Lombardie aux mains de Rérenger. Il quitte à la hâte sa

Amolphe n'avait jamais, avant cette guerre contre Guy , explicitement pris dans ses décrets le titre de roi d'Italie ; tandis qu'il résulte de plusieurs chartes et autres pièces émanées de ce prince , et citées par Giulini , qu'il a pris cette dénomination depuis son entrée dans la capitale des Lombards, et que Tannée de cette même entrée y est désignée comme la première année de son règne en Lombardie. (GiUTJNi, T. !•', lib. viii, anno 894.)

retraite; mais, arrivé sur les bords du Tom, entre Parme et Plaisance , il est surpris par ud crachement de sang qui résiste à tous les secours de l'art , et il meurt rêvant à de nouvdles luttes. Digne fin d'une turbulente vie. Humeur âpre et fîère^ nature demi^hevaleresque el demisauvage y mélange de courage héroïque et de basse perfidie , éclair de génie qui sait mettre à profit la victoire, inébranlable constance qui rend plus fort que le revers , soif ardente de gloire ou plutôt de renommée à tout prix , ambition sans frein et qui trouvait presque son excuse dans une indomptable audace ^ dans le sentiment d'une illustre origine et dans l'abaissement où languissaient alors tous les rois de l'Europe ; cœur altier où bouillonnait le saut; français mêlé au sang italien; type rude^ ébauche grossière de cette brillante chevalerie que, plus tard , épura l'esprit saint des croisades et que polit le contact de l'Orient ; dans ce peu de lignes nous avons crayonné l'esquisse de ce Gu} si fameux.

La Lombardie, après la mort de Guy, se maintint calme pendant quelques mois ; mais ce repos ne devait être qu'une courte trêve dans un pays où peuples , grands et souverains ne recevaient plus d'impulsion que du souffle désor^i-

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