‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 26 sur 380 · LIVRE 1". — CHAPITHE IV · texte numérisé non relu

LIVRE 1". — CHAPITHE IV

)) fit dessein de laisser ces peuples en paix; mais 9 qu ayant souhaité de voir Rialto^ il y fut reçu » avec tant de démonstrations de joie et tant de » marques d'honneur^ que y par un sentiment » d'affection pour ces peuples, il jeta son scep- » tre dans la mer avec cette imprécation : Ainsi » périssent tous ceux qui entreprendront de nuire » à (a République !

«Cependant, ajoute le chevalier de Saint- » Disdier, la suite de ces mêmes annales et le » témoignage de plusieurs auteurs dignes de foi , » font clairement connaître que Pépin fut reçu » à Rialto en vainqueur généreux plutôt qu'en » prince qui aurait eu la fortune contraire , et » que la république ne lui aurait pas accordé , » après la perte de son armée , ce qu'elle lui » avait hautement refusé lorsqu'il était en état » de l'obtenir par force. En effet, le roi exerça » tout acte de souveraineté , et laissa des mar- » ques de sa libéralité au doge et au public , re- » mettant à la république le tribut qu'elle lui » payait annuellement, et lui donnant cinq milles » d'étendue, en terre ferme, le long des bords » des lagunes , avec pleine liberté de trafiquer » par terre et par mer.

» On ajoute encore que Pépin , voyant que le » doge ne portait sur lui aucune marque de sa

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» dignité 9 détacha la manche d'une veste et la » mit sur la tête du doge en forme de bonnet^ » et c'est de là que la corne ducale tire son oriji gine y ainsi nommée à cause de la pointe que » cette manche faisait sur la tête. C'est alors que » Venise prit naissance , puisque Pépin voulut » encore que l'Ile de Rialto^ jointe aux autres lies » voisines , portât le nom de Venise , qui alors )) était celui de toute la province voisine des la- » gunes j et que ce lieu fût à l'avenir la rési- » dence des doges et le siège de la répuUique.

» Voilà y dit Saint-Disdier en terminant y quels » ont été les commencemens et les premiers pro- » grès de la république de Venise, laquelle avoue » qu'elle doit son principal établissement et sa » première grandeur à la magnanimité d'un roi » français. »

Pépin j ayant soumis Venise , faisait voile contre les côtes de la Dalmatie d'où partaient tous les brandons de guerre qui troublaient ses États , lorsc[u'il reçut l'avis qu'une nouvelle flotte grecque menaçait l'Italie. Il revint en toute hâte à Ravenne ; mais , atteint dans cette ville d'une maladie grave, il se fit transporter à Milan où il mourut, admiré, regretté et pleuré de tous (1).

(i) Verry (T. i", p. 105) dit que ce prince mourut en traversant Milan, et que le transport qu*on dut iaire de

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