LIVRE 11. CHAPITRE l
nisateur de l'anarchie. L'aanée suivante (1) vit m former et éclater de noiiveaux orages.
Nous approchons du moment où les paroles qui suiyent trouvent leur application. c< Les lia- » liens y D dit l'abbé Millot (2)^ « h'étsdeni jamais » contons de leurs rois , et le changement agy> gravait toujours l^irs infortunes. On appelait 1» les étrangers en Italie ; on cherchait en (piel- )» que sorte le joug pour se délivrer des of^resy» seurs; on se repentait, on ne voulait point n obéir, et Ton faisait des rois au hasard. Les yf révolutions sont d'ordinaire les fruits de la 19 discorde. L'Italie, à cette époque, était un » des pays les plus malheureux de l'Europe. »
Liuthprand donne à ce goût funeste de changement un imt raisonné. « Il entrait , «> dit cet écrivain (3), « dans la politique des seigneurs » d'Italie, à cette époque, d'avoir toujours deux » maîtres , pour les comprimer tous les deux , )i l'un par la peur de l'autre , et sans doute pour » n'obéir à aucun.» Etrange calcul, qui ne pouvait être et ne fut qu'une cause incessante de troubles et de ruine pour ta Lombardie.
Un parti opposé à Bérengor , profitant d'une
(2) Hùt. mod., lu* é|)oq. , chap. r'.
(3) Lii' THPBANi), lib. r', cap. X.
f5(X DEUXIÈME ÉPOQUE.
absence momentanée de ce prince, se réimil tout à coup à Pavie ; les conjurés se forment m diète ^ y appellent le jeune empereur Lambert, remarquable par son élégance et sa beauté, comme le dit Liuthprand (1), mais peu £sdt encore aux travaux de la guerre ,. et le proclament roi de Lombardie. Bérenger apprend à Vérooe cette déclaration bostile de la prétendue diète de Pavie, et se dispose aussitôt à combattre son jeune rival. Maginfredo, comte de Milan , sommé le premier par Lambert de le reconnaître comme son empereur et roi, s'y refuse, et maltraite , par des excursions sur leurs territoires, les villes qui se sont déclarées pour le fils de Guy.
Chose déplorable ! Le comte de Milan pr^iait les armes pour Bérenger ou Arnolphe , et Tarchevéque de cette même cité, Anselme, avait présidé la diète et proclamé roi d'Italie le jeune Lambert... (2) Que de désordres n'entraînent
(1) Sed quia Italtenses , geminù un Dominis voUmt, (juatenus alterum aUerius terrore coercant^ JVidoms régis defuncti, filium fiomine Lambertum , elegantem jwenem adhuc, ephœbum minusque bellicosum regem, constituunt. ( LiUTHP. , Ibid. )
(2) Ce même Anseimo avait couroDué Bérenger sept ans auparavant. ( PuFFENDORrr, //wf. univ., T. u. Roùitaliens. )