LIVRE II. — CHAPITRE l
donner l'assaut et enlèvent la place de vive force.
Liuthprand donne une singulière el ridicule cause à cette détermination vigoureuse ou plutôt à ce grand résultat.
Cet écrivain raconte qu'un lièvre étant parti du milieu des rangs des Germains fut poursuivi par plusieurs soldats; que ce mouvement él^ranla toute l'armée , et qu'on courut dans la direction des remparts avec de si grandes clameurs , que les Romains épouvantés mirent bas les armes. La ville fut prise , et Agiltrude eut à peine le temps de se retirer avec son fils dans le duché de Spoletti.... Jadis des oies sauvèrent Rome : cette fois , sdon le dire de Liuthprand ^ un lièvre aurait livré à l'ennemi les murs de la ville éternelle.
Arnolpbe est reçu triomphalement dans Rome (i). Le pape Formose qui, il y a à peine quatre ans , a sacré le fils de Guy comme empereur, pose la couronne impériale sur la tête d'Ârnolphe à qui le peuple romain prête serment de fidélité, sauf la foi due au pape Formose !
Ce prince se hâte , après son couronnement , de quitter Rome pour aller assiéger Lambert et
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son intrépide mère dans Ferma , leur dernier refuge.
Âgiltrude ^ voyant que toute résistance par la force serait vaine , se décide à employer Tartifice. Elle gagne un homme de la suite d'Amolphe et le charge de donner un breuvage léthargique au prince ; l'effet de ce breuvage est td qu'Arnolphe reste assoupi trois jours sans se réveiller; Talarme que cet accident cause à l'armée^ donne le temps à Lambert et à sa mère de quitter Ferme.
Le jeune empereur retourne en toute hâte i Pavie dont ses partisans lui ouvrent les portes. Son premier acte de souveraineté est un décret qui confère à sa mère , en reconnaissance de ses courageux efforts , le château de Coirana et ses dépendances dans le pays de Tortone (1).
Arnolphe , trompé dans ses espérances , lève le siège de Ferme et dirige sa marche sur Pavie; mais il ressent en route les premières atteintes d'une maladie grave à laquelle n'est peut-être pas étranger le perfide breuvage d'Agiltrude. Ces souffrances , jointes à la nouvelle que le Nord s'est encore révolté, lui font reprendre en grande hâte le chemin de la Germanie, et il
1) GlDLiNi, lib. viii, lîicmc année.