‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 264 sur 380 · LIVRE II. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE I

laisse à Milan, pour défendre et conserver son autorité y un de ses bâtards , Ratoldo ou Raoul ^ à la tête de quelques troupes dévouées.

Lambert et Bérenger s'étaient secrètement unis contre leur ennemi commun. A peine Arnolphe fut-il éloigné, que ces deux princes convoquèrent à Pavie un congrès dans lequel l'Italie supérieure leur fut partagée, malgré la présence en Lfombardie de Ratoldo qui , se sentant trop faible pour lutter contre cette ligue nouvelle y n'osa sortir de Milan pour prévenir ce sanglant affront.

Bérenger eut les pays en deçà du Pô et ceux en delà de VAdda.

Tout le reste échut à Lambert.

La première pensée du fils de Guy, après ce partage , fut de se rendre maître de Milan.

Ratoldo, désespérant trop tôt de défendre cette ville, eut la lâcheté de l'abandonner à l'approche de Lambert. Fuyant devant un ennemi qu'il aurait pu combattre et peut-être vaincre , il ramène en Germanie , par la voie du lac de Cômo , les troupes que son père a imprudemment confiées à son inexpérience.

La résistance et les obstacles qu'après cette désertion Lambert rencontra dans le siège de Milan ^ ne prouvent que trop combien il eût été

facile à RaU4do de conserver celle ville à son père. Maginfredo, resté seid avec les haUtans, osa soutenir le siège. Sa défense fat coara^use, longue j opiniâtre : elle se prolongea depuis les derniers jours de juin 896 jusqu'au 31 janvier de Tannée suivante (1). Souvent rebuté par les difficultés de cette entreprise, Lambert fut sur le point de l'abandonner. Qu'eût donc été cette résistance , si les troupes germaines de Ratoldo avaient uni leurs efforts à l'héroïque constance des Milanais 1 Maginfredo, que la cour de Trères n'osa ou ne put secourir, finit par succomber dans la lutte : vaincu et tombé au pouvoir de I^mbert, il fut décapité (2).

Les Annales de Fulde et Thistorien Ermann ConlnUio ajoutent qu'un fils et un gendre de Maginfredo furent privés de la vue (3).

Contratto fait remarquer que la sentence contre le malheureux comte ou duc de Milan fui non seulement rendue par Lambert, mais par Bérenger lui-même, dont Maginfredo avait dans le temps secondé la cause. Sans approuver ces cruelles extrémités où entrainent les guerres civilos, nous ferons observer à notre tour, pour

(I) GliMM, Storia di MiUm,

■i) Ibid. — MiTRATOT^i, ann. 897.

(?t) GiiLim, T. Il, p. 61. — Vkrry, t. r, p. Wh

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