LIVRE II. — CHAPITRE l
ques uns de ses anciens partisans que la ter^ reur tenait dans le silence et l'obscurité. II fat convenu avec ses amis que , la troisième nuit qui suivrait le jour de la sortie de Lambert^ une large brèche serait faite par eux à une partie intérieure du mur d'enceinte de la ville , près de l'église qui , depuis , a pris le nom de Sant-- Andreoral-Muro-Rotto .
« Au moment désigné, » dit toujours notre vieil historien, « Lambert rentra dans Milan par cette » ouverture, éludant ainsi le serment par lequel » il s'était engagé à ne plus repasser sous une I» porte de la ville. Furieux de la longue résis- » tance qu'il avait rencontrée , l'empereur livra y> Milan au pillage ; on égorgea les habitans sans » distinction ni d*âge, ni de sexe; les princi- » paux édifices et les fortifications furent ren- » versés. »
Giulini trouve de grandes exagérations dans ce récit, dont les detnières circonstances se rapporteraient plutôt à l'époque de la prise de Milan par les Goths.
Sans doute le vainqueur, irrité de l'opiniâtre résistance des assiégés , leur fit sentir le poids de sa colère; mais la vengeance ne fut point poussée jusqu'à cet horrible massacre de toute la population , et à la destruction des remparts T. n. Il
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qui, relevés par Tarchevèque Ansperto (1), nr furent plus tard renversés que par Barberousse.
La mort de Maginfredo ^ le supplice de son fils et de son gendre y rapportés par Landolphe, De sont contestés par aucun historien d'Italie. Tous s'accordent sur ce point comme sur Fincident qui aurait tout à coup sauvé Milan des dernières conséquences de la fureur de Lambert.
Cet incident^ le voici ; nous le reproduisons sans commentaire :
On raconte qu au milieu de ses plans de vengeance, qui ne tendaient rien moins qu'à la coonplète destruction de Milan j Lambert eut une vision où saint Ambroise lui apparut vivemc^l courroucé contre lui.
Le jeune empereur, effrayé de cette apparition menaçante , se hâta de quitter Milan qu'enfin il laissa en repos.
(1) Milan , depuis la restauration de ses remparts, due aux soins et aux largesses d' Ansperto , avait neuf portes belles et fortifiées.
i^s murs d'enceinte do celle ville, qui couvre ai^ourd*hui S4'pt milles de terrain, orcupaient tout au |>lus, au ix" siède, le tiers de cet espace.
Les églises de Satua-Valeria , de San-SimpUdam> , àf San-Dionisio, de San-Nazaro, deSan-Calnnero.deSa»- Celso^ de San-Vùtore , de San-Francesco , alors Smè-Noborr, renfermées de nos jours dans Tenceinte de la ville , formaient comme une ceinture sacrée hors de ses mors, î cette époque reculée.