‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 292 sur 380 · LIVRE II. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE IV

se voit toujours , n'avait fait que donner plus d'essor à son ambition (1).

Adalbert, marquis dTvrée, veuf de la fille de l'empereur ; Olderic ou Odelric , comte du palais^ et un autre seigneur très puissant, nommé Gitbert, comblé comme eux des bienfaits de Bérenger, furent les principaux artisans de cette trame. Â la tète des conjurés se trouvait aussi le nouvel archevêque de Milan, Lambertj à qui l'on n'attribue d'autre sujet de mécontentement que d'avoir été contraint, selon Tusage abusif et condamnable de ce temps là, d'acheter

reine Berthe, douée des plus précieuses et des plus rares YertoB , laissa une mémoire vénérée qui n'est pas effacée encore dans la Suisse romande. Il est des historiens qui pensent que le dicton proverbial , pour rappeler un âjge aor, du temps que Berthe filait , se rapporte à l'épouse de Rodo^e plutôt qu'à la fille de Waldrade.

(1) Un écrivain moderne a commis l'étrange erreur de àésigùer Rodolphe comme fils de Bérenger et comme son héritier naturel.

Dandulus (Rer, Italie. , T. xii, p. $99 ) dit. par erreur, oue ce Rodolphe était fils de Ricardo, qu'il qualifie de duc de Bourgogne. Selon les historiens les mieux renseignés , Rodolphe était, comme nous l'avons dit , fils de Rodolphe P', duc de la Bourgogne transjurane, petit-fils de Conrad et petit neveu du fameux Eudes. Tel est aussi l'avis du président Hénaultetde Zurlauben, qui l'a développé dans un mémoire inséré au Recueil de V Académie des Inscriptions, xxxvi, Mil. On retrouve la même opinion dans la Biog[raphie universelle , publiée par Michaud, art. Rodolphe IL

le consentement de l'empereur pour prendre possession du siège épiscopal , au moyen d'abondantes largesses dont les officiers du palais furent les seuls à profiter.

Bérenger, sur quelques soupçons y fit arrêter Olderic, qu'il confia à la garde de l'archevêque Lambert y en attendant que justice fût faite da coupable : la complicité dû prélat se cachait encore dans l'ombre : les chefs conjurés seuls h connaissaient. Peu de jours après rarrestaticm d'Olderic, des émissaires impériaux portent l'ordre à l'archevêque de remettre le prisonnier entre leurs mains.

Lambert répond à ce message que tout év(que qui livrerait à la justice séculière un malheureux condamné à mort, agirait contre les lob canoniques et mériterait de perdre l'épiscopat. 11 refuse d'obtempérer à l'ordre qui lui est intimé ; le prélat factieux fait plus encore j il favorise l'évasion secrète d'Olderic , sans s'inquiéter du ressentiment de Bérenger.

Les conjurés n'ayant plus rien à ménager après un tel éclat y pressent avec de nouvelles instances Rodolphe de se rendre en Italie. En attendant que leur royal allié réponde à cet appel , ils réunissent leurs partisans sur les montagnes voisines de Brescia.

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Deux chefs de Hongrois y nommés Dursac et Bîtgat y se trouvaient à cette épot][ue sur les frontières de la Lombardie. Bérenger qui entretenait, comme nous l'avons vu , de secrètes intelligences avec ces bàirbares, croit le moment Tenu d'invoquer leur funeste assistance. Sur un signal du roi de Lombardie, ces hordes sauvages franchissent la frontière, pénètrent dans le pays lombard , et Bérenger les jette sur les rebelles comme on lâcherait aux arènes une béte féroce contre line victime dévouée à la mort.

En un moment le refuge des révoltés est envahi f dévasté et inondé de sang. Oldéric se fait luer en combattant avec vaillance. Le marquis Adalbert , plus rusé que brave et perdant tout espoir de se sauver les armes à la main , se dépouille de ses riches vétemens , prend les simples habits d'un soldat, se mêle à la foule des prisonniers et demande à être conduit dans un château appelé Calcinaiaj où ses parens, quoique pauvres , ditril , trouveront les moyens de le racheter. Là, en eifel, un de ses s(4dats qu'il j rencontre , obtient à vil prix sa rançon.

Gilbert , moins heureux , est reconnu par ub des chefs ; on le maltraite, on le dépouille d'une partie de ses vétemens , et il est conduit dans un état de nudité presque complète devant Bé-

renger. Le comte rebelle se prosterne aux pieds de l'empereur dans une posture que son misérable accoutrement rend ridiculement indéceote et qui provoque la bruyante hilarité des courtisans (1). La clémence de Bérenger ne se démeDl même pas à l'égard d'un des hommes qui ootle plus abusé de ses bontés ; il pardonne à Gilbert, lui fait donner des habits convenables et lui rend la liberté :

<i Je n'exige de toi aucun serment , x> lui dit-il^ a les sermons sont de faibles liens pour les » cœurs que ne peuvent retenir dans le devoir » l'honneur et la reconnaissance; mais je te » voue à la justice de Dieu si tu viens encore i » me trahir. »

Peu de temps après , Rodolphe y sur les instances réitérées d'Âdalbert et de Gilbert luimême^ passait les Alpes et venait à la tile d'une puissante armée , disputer à Bérenger li couronne de Lombardie.

Débordé par la faction ennemie^ Bérenger dut une fois encore chercher un refuge à Vérone. Rodolphe lit une entrée triomphale à Pavie, ou il fut proclamé roi des Lombards par les plus puissans des rebelles.

(i) iVIURATORi, Ann, d'It., T. \.

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