LIVRE II. — CHAPITHE IV
Il restait à Bérenger son duché de Frioul dont la fidélité ne lui avait jamais failli aux mauvais jours. Ce monarque rassemble (1) ses loyaux senriteurs et marche vers Pavie pour tenter b fortune des combats. Rodolphe vole à sa rencontre ; les deux armées qu'anime une égale ardeur, se trouvent en présence à Fioremuolay ^itre Plaisance et le bourg de San-Donnino.
C'était le 29 juillet... Un combat acharné s'ttdgage entre les deux partis; le sang coule en abondance dans cette lutte où y comme dans toute guerre civile , les frères combattent contre leg frères , et les pères contre les enfans.
.... Acer avus lethum parât ecce nepoti, Stemendus par eum (2)
Un fils d'Adalbert d'Yvrée et de Ghisla ou Giselle y fille de l'empereur, combattait dans les rangs des ennemis de son aieul dont il portait le 0om : cette citation semble lui être applicable,
Les deux prétendans se montrent dignes , par le courage qu'ils déployent dans le combat, de commander à de si valeureuses troupes.
Rodolphe, après des prodiges de bravoure,
(1) AnDo 923.
(2) Panégyr. de Bérenger. Là, l'aïeul irrité médite la mort de son petit-fils qiii lui-même s'apprête à immolei^ son aieul.
est conlraint ou fait mine de céder à la tenace impétuosité des soldats de Bérenger; ses Xtmpes 7 débordées de toutes parts ^ prettnmt la fuite \ les impériaux se mettent à les poursuivre à outrance ^ en poussant des cris de victoire ; itiaiè la fece du combat change tout à ooup. Tout porte à croire que cette fuite fat une ruse de guerre pour entraîner Ténilemi hors de ses lignes et l'attaquer après j dans Tabandon d'une poursuite d'autant i^s détordonnée que h victoire ne paraissait pas douteuse.
En eflfet ^ le comte Banifiice, qui avait époiué Gualdrade (1), sœur de Rodolphe ^ et le comte Gariardy autre seigneur puissant , s'étaient pendant toute la bataille tenus à l'écart hors de la vue de l'ennemi et à la tête d'une forte réserve.
Quand la déroute vraie ou simulée des troupes de Rodolphe eut entraîné sur les pas des fuyards les soldats de Bérenger , et porté le désordre de la poursuite dans led fangs des vainqueurs , les deux généraux bourguignons sortirent de leur retraite ^ et se précipitant sur l'ennemi , changèrent brusquement sa victoire en une fuite désastreuse. Gariard Gt prisonniers tous ceux qui jetaient les armes à ses pieds,
(1) Ou WaWrade.