CHAPITRE PREMIER
La fille et les petits-fils de Lothaire et de Waldrade. — Berthe. — Hufoes. — Guy. — Lambert. -> Hermengarde. Perfidie d'Hermengarde à l'égard de Rodolphe.— Soulèyemcnt de laLombardle contre ce roi. — Siège de Pavie. — Ruse d'Hermengarde. — Inconséquence et crédulité de Rodolphe. — Sa déchéance. ~ Burcard. — Son ambassade. — Sa mort — Ambition de Hugues. — Situation des papes. — Hugues est proclamé roi de Lorobardie. ^ Comment il tient les promesses faites avant son avènement.— Entrevue de Hugues et de Jean X.- Fausses protestations du roi de Lombardie. ~ Mort de Jean X.
^DeWh à 029. —
Le ix"" siècle a eu ses épisodes romanesques ^ et entre tous ces épisodes il n'en est pas qui aient appelé Tintérét plus que les amours de Lothaire et de Waldrade. Rome, jetant un regard sévère sur les scandales de la cour de Lorraine , fulminant ses excommunications contre Tamant couronné et sa faible maîtresse ; la tremblante Waldrade, touchée par les exhortations d'un émissaire du Saint-Siège , s'arrachant à Tivresse d'une cour dont Tamour d'un roi l'a faite arbitre souveraine , s'acheminant vers Rome en pénitente , mais , trop éprise encore pour consommer le sacrifice, revenant sur ses pas à la prière de son amant.
â44 DEUXIÈME ÉPOQUE.
Cet amant-roi, faisant à son tour un pèlerinage à Rome pour désarmer le Vatican , obtenant le pardon par le sacrilège et frappé de mort subite peu de jours après... Waldrade expiant Téclai de ses fautes dans le silence d*un clottre.
Voilà ce que nous avons eu à raconter.
Une fille était née de ces amours adultères. Cette fille, qui avait reçu le nom de Berihe. épouse en premières noces du comte Rolbaldou Théobald (1) , et en secondes noces d*Adalbertl€'Rich€y duc de Toscane , fut cette célèbre Berthe y donna accorlissima j dit Muratori , dont les intrigues élevèrent au trône dltalie, pour l'en précipiter bientôt après , le jeune Louis de Provence; ce fut cette Berthe qui, devenue Teuve d'Adalbert et prisonnière de Bérenger avec son fils, lutta victorieusement contre Vem pereur du fond de sa prison , tant elle avait su
(1) Ce conile était beau -frère de Bosoii 1". U s'éuît rendu dangereux par le nombre de ses vassaux et son eicessive ambition. Après la mort de Roson, la reine régente, filk* de l'empereur Louis il, avait donné à Rotbald ou ThéobaU qui dirigeait sa politique , Tinvestiture de la Provence, à titre de grand fief, à condition qu*U prêterait hommage de fidélité à Louis, son seigneur rai et stizeram^ et qu'il Taiderait de tous ses moyens en temps de guerre. *
Ainsi commença la dynastie des ducs, comtes ou marqua de Proi>ence,
• RoPPi. — PAPon, HisI, gén. dv Provence. — Louis DomAKTi, Bisi. de Nicty T. i'% ch. m, p. 130 et 13L