‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 301 sur 380 · LIVRE Iir. — CHAPITRE l · texte numérisé non relu

LIVRE Iir. — CHAPITRE l

inspirer de dévouemenl aux gouverneurs de ses provinces ^ dévouement qui , selon Liulhprand , aurait trouvé , comme nous venons de le voir , sa cause et son mobile dans l'artificieuse coquetterie et les mœurs déréglées de cette princesse.

Les enfans de celte célèbre Berthe, fille d'une mère non moins fameuse, vont prendre une importante place sur la scène qui s'ouvre devant nous.

Hugues j l'aîné des fils de Berthe et de Tliéobald , gouvernait en souverain la Provence (1) et une partie de la Bourgogne , avec lé simple titre de comte ou de marquis y au moment où Rodolphe était venu s'emparer du trône de Lombardie laissé vacant par la mort de Bérenger.

On se rappellera que la fille de Waldrade avait eu de son mariage avec Adalbert y deux fils , Guy et Lambert j dont le premier avait hérité du duché de Toscane, et une fille Hemiengarde qui , à la mort de Ghisla , fille de l'empereur Bérenger, avait épousé Adalbert, marquis d'Yvrée.

Nous avons vu ce môme marquis d'Yvrée et

(1 ) Le roi Bozoïi ( Louis IV ) avail cliaigé ce fils de Théobald et de Berlhe (te tout le rovaiiinc d*Arles, en se relirant dans le monaslèrc de Vienne en Dauphiné. Hugues , bien que^mple gouverneur, avail acquis toute la puissance H*un roi.

son fils armés par rinfluence d'Hermengarde, contre l'empereur, leur beau-père etgrand-père; et à la mort de ce même empereur, nous a^ons vu Hermengarde devenue veuve , se précipter dans le parti de Rodolphe, dont elle étadt l'âme et le conseil, et gagner à cette cause les seigneurs les plus puissans d'Italie. Liuthprand affiime que cet empire, elle l'avait acheté au prix dont Berthe avait naguère payé la fidélité des seigneurs de Toscane.

Des affaires graves avaient momentanémeot éloigné Rodolphe de Pavie qui se relevait de ses ruines ; le nouveau roi de Lombardie, se croyant sûr d'Hermengarde, lui avait , pendant 8<mi absence, imprudemment abandonné les rênes d'un royaume que les artifices de cette femme allaient faire passer en d'autres mains.

Hugues , frère utérin d'Hermengarde, convoitait depuis la mort de Bérenger la couronne de Lombardie. Ce prince avait acquis de la renonimée par l'habileté et le courage qu'il venait de déployer contre les Normands , dont les hordes sanguinaires dévastaient la Provence, et par sa brillante victoire sur ces aventuriers aux environs de Saint-Gilles. Sa sœur et sa mère , ces deux femmes puissantes par l'intrigue et leur habileté, travaillaient en secret au succès de seî^

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vœux ; ce fut sans doute pour mieux en assurer l'accomplissement qu'Hermengarde s'empara de la confiance de Rodolphe; arbitre d'une cour dont l'absence de ce prince achevait de la rendre maîtresse absolue , elle souleva tout à coup et les seigneurs et le peuple contre le roi.

A la nouvelle de cette révolte inattendue , Rodolphe rassemble une armée et vient camper sous les murs de Pavie qu'on avait relevés à la hâle.

Son camp occupait le confluent du Tessin et du Pô. La position des assiégés dans une ville détruite , sans ressource et sortant à peine de ses ruines, semblait désespérée; l'audace d'Hermengarde s'accrut avec la grandeur du péril. On ne pouvait ccmjurer ce péril par la force ; elle eut recours à la ruse.

Une nuit , Hermengarde fait passer à Rodol* phe un billet écrit de sa main , par lequel elle l'avertit que les ofliciers qui jouissent le plus de sa confiance, trahissent sa cause; qu'ils lui ont offert, à elle, Hermengarde, de lui livrer leur roi mort ou vif ; et qu'il ne reste plus à Rodolphe d'autre moyen de salut que de se confier au dévouement de son ancienne amie (1).

^1) GlliLlNJ. — WliRATORI.

L'imprudent jeune homme , pour qui les premières trahisons d'Hermengarde n'ont été qu'une leçon stérile , s'épouTante à la lecture de cette lettre perfide.

La nuit suivante, l'esprit bourrelé d'inquiétudes j attéré par cette triste confidence qu'il n'ose dévoiler à personne de crainte de rencontrer un conspirateur dans celui qu'il rendrait dépositaire de son secret , et ne se croyant enfin entouré que de traîtres j qui déjà ont Eût marché de sa liberté et de sa vie , le jeune roi trompe la surveillance de ses gardes et de ses officiers, quitte secrètement son camp et vient se jeter dans les bras d'Hermengarde.

Cependant le jour revient : les chefs du parti de Rodolphe s'étonnent que leur roi y à l'heure accoutumée, ne se soit pas montré encore à ses troupes ; on se presse autour des sentinelles préposées à la garde de sa personne ; on les interroge; aucune sentinelle, aucun officier n'a vu sortir le roi depuis l'aurore; on n'ose d'abord, par respect, pénétrer dans la tente royale, et l'on se résout à patienter. Mais après une longue attente qui irrite Timpatience et la curiosité, on finit par s'introduire dans l'enceinte réservée au roi seul. La surprise redouble quand on s'aperçoit que Rodolphe est absent; mille conjectures diver-

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