‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 310 sur 380 · LIVRE 111. — CHAPITRE ï · texte numérisé non relu

LIVRE 111. — CHAPITRE ï

dant quelque temps on le vit ne se pi^éoccupant que du som de cette organisaltion intérieure qui n'était; qu'un niYellem^it de plomb passé sur tout ce qui pouvait autour de lui s^ élever et lui fttre ombragé^ afTectant de ne porter aucun tegard de curiosité ou de convoitise hors de la limité dèses États, et laissant ses voisins en repos, siins doute pour mieux endormir ceux dont en secret il méditait la perte et convoitait les dépouille». Se confiant en la force compressive de son système de domination , Hugues crut pouvoir, sans compromettre sa royauté, s'absenter ttû momeiit dé la Lombardle et se rendre dans ses possessidds de Bourgogne où l'appdaient de gd^ Tes intérêts. Depuis quelque temps l'ambitiov du comte de Vermandois , qui retenait captif le roi de France, menaçait de s!emparer de toutes ses provinces langeant le Rhône. . . Hugues dut traverser les Alpes en toute hâte pour tenter d'opposer une digue à cet envahissement; mais force lui fut, pour' ne pas tout perdre, de faire le sacrifice d'une partie dfe ses domaines sur la rive gauche du fleute. Il revint dans le royaume lombard aveu là secrète pensée de s'indemniser de ces pertes au détriment de ses voisins d'Italie; mais Hugues, qui croyait avoir, par ses prudentes mesures,

rendu impossible le retour des séditioiis , sans songer qu'en pareil cas l'excès des remèdes préventifs engendre les maux, mêmes qu'on veut éviter, Hugues retrouva l'esprit de ses sujets moins assoupli qu'il ne s'en était flatté , au joug de son despotisme.

Les yeux y quelque temps fascinés par l'éclat des promesses de l'aspirant au tr6ne , s'étaient ouverts enfin à la triste réalité des actes du despote couronné.

Mais un grief surtout qui touchait plus qu'à la fortune et à la liberté des citoyens ^ un grief où se trouvait compromis l'intérêt le plus cher, ie plus sacré des familles, s'était élevé plus menaçant que tous les autres, s'était redit de bouche en bouche, et, pénétrant dans tous les corars, j avait semé des germes d'une inquiète méfiance chez les uns , d'un implacable besoin de vengeance chez d'autres, et d'un profond dégoût chez tous.

Ce grief, c'était le scandale d'une vie effrontément livrée aux plus sales débauches (1). Non content de se montrer en Lombardie entouré d'une foule de bâtards , triste et honteux témoignage de ses déportemens passés, Hugues en

(I) GiiLLM, Ston'a di Mil,, T. IL — ML'RATOri, àhh. d'It., \\ V.

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