‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 309 sur 380 · LIVRE IJI. — CHAPITRE l · texte numérisé non relu

LIVRE IJI. — CHAPITRE l

vouement, nous les verrons se manifester bientôt par l'empiétement de toutes les prérogatives de l'Église et par la violation de toutes ses régies (1)... Jean X ne tarda pas à connaître, par une triste expérience qui lui devint fatale à luimême , tout le néant des protestations amicales d'un tel allié.

Bientôt Rome se vit plus que jamais sous le joug d'une puissance autre que l'autorité du pape. L'ombre même de cette autorité ayant fini par devenir importune à Marosie et à son époux , des brigands pénétrèrent, par leurs ordres, dans le palais de Latran , et y égorgèrent, sous les yeux même de Jean X , son frère Pielro , son ami, son seul soutien. Pressentant dans un avenir rapproché quelque grande disgr&ce, Jean avait invoqué de nouveau l'assistance de son allié le roi de Lombardie ; mais Hugues avait été sourd à ce cri de détresse.

Jean , peu de jours après le meurtre de son frère , fut lui-même traîné dans un cachot où bientôt il trouva une mort déplorable. Les his-

(1) Nous aurons à signaler, entre autres mesures qu'on peut qualifier ainsi, le décret par lequel Hugues * donna à Manassès, archevêque à' Arles, les évêchés de Vérone , de Mantoue et de Trente, dont les titulaires avaient été liioiemraent expulsés

' Ihnl, de I'HkUsc, U.-nERCASTP.iM T. v. p. 51 el Ô2. noie 1.

toriens s'accordent à dire qoè Marosie l*y fit étrangler; et Frodoard (1) affirme ;que Guj se fut pas étranger à ce crimes Âinfi périt viètime de l'audacieuse ambition d^onè femlùe. impudique, ce pape que les intrigueB^ d'une astre femme non moins <lissolue aYaient élevé au trtee de saint Piegre et dont le règne avait eu mguères tant d'éclat.

A Jean X succéda. Liéon VI (2), dent Platine loue les niœurs et le zèle; mais qui n'ayant siégé que sept mois^ n'offrit aussi iMeDqu'£r tienne VU, qui occupa deux ans le Saint-Siège après lui , que le triste spectacle d'une stérile et d'une impuissante dignité.

Tandis que s'éclipsait, pour un temps , dans Rome l'autorité dès successeurs de saint Pierre qu'il avait juré de rétablir , Hugues sembh vouloir laisser sommeiller dans ses États l'kydre des discordes politiques, ou plutôt il la musela pour asseoir plus solidement sa puissance. Devenu enfin maître de toutes les positions au dedans 9 il attendit l'issue des saturnales du dehors pour en tirer tout le profit possible. Pen-

(1) Frodoardls, in Chrome, T, II. — Her, Francor.. DtciiES. — MiRAiORl, Ann. (CltaL^ T. v, p. 28ft, ann.

(2) Selon le cardinal Bnronins , Léon VI, incarcéré coinnui Jean \, aurait eu le même genre de mort.

Page 1