‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 316 sur 380 · LIVRE 111. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 111. — CHAPITRE II

et pour cause 9 se tenait dans les bonnes grâces de ce redoutable souverain ^ à force de présens^ sorte d'argumentation qui, pour les grands comme pour les petits , eut de tout temps une singulière puissance. Henri fut sourd aux instances des Lombards Aqïï% la eapricieiise inooiK séquence lui était connue y et il se contentai de leur or que le roi de Lombardie lui &isait tenir comme un tribut (1).

L'insuccès de cette négociation ne décourage pas les conjurés. Rat hier y évéque de Vérone y fait offrir à Amolphe j duc de Bavière et de Ga-r rinthie^ de lui livrer la métropole de son diocèse^ lui laissant entrevoir comme facile la conquête du royaume de Lombardie.

Arnolphe^ écoutant son ambition plus que sa prudence j se rend en Italie ; Hugues y qui avait pénétré le secret de ses ennemis , marche à la rencontre du duc de Bavière. Ses troupes , à la sortie deGussolengo, attaquent avec impétuosité un corps nombreux de Bavarois qui marchait en première ligne et qu'elles taillent en pièces; quelques soldats échappés au carnage portent la nouvelle de ce désastre à Arnolphe , qui , trouvant prudent et sage de renoncer à ses pro-

(l)GiuUi\i, Stor. iiîMU., T. il. — MURATORl, Ann, H'I(.,T. V.

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jets il agression y se hâte de retourner en CariQthie avec le reste de son armée (1).

L'évéque Rathier fut , par les ordres de Hugues 9 conduit à Pavie et jeté dans un cachai où il eut le temps , dit Muratori (2), de décrire , dans des pages aussi piquantes que gracieuses , les phases diverses de sa bonne et de sa mauvaise fortune. Hugues déclara en outre cet é?éque déchu de son siège épiscopal de Vérone, qu'au grand scandale de TÊglise il confia à l'archevêque d^ Arles, Manassès^ sa créature. Ce prélat ambitieux trouva bientôt le moyen de se faire encore octroyer par ce monarque, contrairement à toutes les règles canoniques, les évéchés de Trente et de Manioue ; il en obtint même le titre de marquis de Trente avec tontes les renies attachées à la double qualité iVéréque et de marquis.

Oublieux de sa fuite lionteuse du château Saint-Ange; oublieux du récent échec de ses ^rmes sous les remparts de Rome ; méprisant les ennemis dont son orgueil a entouré un trône

(1) Muratori. — Giulini, anno 936.

(2) Ann. d'h,, T. v, p. 299.

Rathier de Vvrone avait autant de bizarrerie dao» k si vie (|uc dans le caractère. Son traité des Canons et sa lettre du corps et du sang du Seigneur , rcnferineul c^e^ ti^nioignages précieux sur le dogme et la discipline erclési astiques.

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qu'il croit pour jamais à lui ; fasciné surtout par la victoire qu'il vient de remporter sur Arnolphe^ et par le succès de sa politique qui la délivré de la dangereuse rivalité de Rodolphe et d'Henri-rOiseleur, Hugues a recouvré son audace y sa présomption et son mauvais génie.

Pendant que le roi de Lombardie disputait au dedans et au dehors la possession de son trône; pendant qu'il bravait la haine de ses sujets par les faveurs dont il chargeait ses créatures au détriment de ceux qu'il dépouillait de leurs richesses et de leurs dignités; pendant que le scandale coulait à pleins bords dans cette cour dissolue , et que la Lombardie s'usait en conspirations toujours avortées ou déçues contre son despote éhonté, le duc de Spoletti soutenait avec honneur une guerre sanglante contre les Grecs; Venise s'emparait de Comachio qu'elle livrait aux flammes et dont elle décimait les habitans ; les Sarrasins y fortifiés plus que jamais sur les sommets de leurs Fressinets, portaient le ravage et la dévastation jusque dans le Montferrât dont les braves habitans , réduits au désespoir, s'annaienl en niasse et repoussaient vaillamment l'agression de ces hôtes féroces.

Dans le même temps, des Maures venus d'A-

trique débarquaient à Gênes dont ils massacraient les citoyens (1); si les femmes ,1» enfans étaient épargnés dans ce grand carnage, ce n'était que pour aller grossir la riche proie que les barbares avaient enlevée aux temples et aux palais de cette grande cité ^ rivale de Venise (2).

Du temps des rois carlovingiens et de B^enger, Tépée royale de Lombardie eût été promptement tirée du fourreau pour se mêler victorieuse aux luttes de Venise ou deSpolettî, pour venir en aide aux héroïques habitans du M<mlferrat , et pour prévenir ou venger les maux des Génois.

Nous avons vu que d'autres soins préoccupaient la pensée du roi Hugues... Et cependaut c'était la seule égide qu'en ce moment on pût invoquer.

Quelle sera donc l'influence qui parviendra à émouvoir ce monarque contre tant de maux et de périls ?• . .

Depuis trois ans, Rome reconnaissait la loi d'Albéric dont la domination était devenue de

(i) MuRATORi, ann. 935.

(2) On raconte que, peu de temps avant ce désastre, les habitans de Cènes avaient vn avec effroi jaillir d*uiie mhiit« iHHiveJJr, de l'eau ronge comme du sang.

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