‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 32 sur 380 · LIVRE I*'. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I*'. CHAPITRE IV

rentrer Rome dans le calme^ grâce à cette nouvelle intervention de Guinéchis et des princes Francs ; aussi le premier acte d'Etienne IV, son successeur, fut-il, dès qu'il eut ceint la tiare, d'exiger du peuple romain le serment de fidélité à Louis I", comme patrice et protecteur de Rome, et en sa qualité d'empereur d'Occident. Le pontife, accompagné du roi de Lombardie , se rend ensuite à Reims, donne de nouveau Tonction sainte au fils de Charlemagne , et lui met sur la tête un riche diadème qu'il a apporté de Rome.

Un autre monarque que Louis-le-Débonnaire se fût peut-être en ce moment souvenu que, sur I Wre de Charlemagne, il avait, trois ans auparavant, pris lui-même sur l'autel la couronne impériale !

L'impératrice Hermengarde fut , elle aussi , couronnée et proclamée Auguste par Etienne IV. Nous venons de nommer l'impératrice Hermengarde; c'est entrer dans la voie des malheurs de Rernard.

Louis, jaloux d'abord de son autorité, n avait employé ses fils qu'en qualité de gouverneurs de provinces et les tenait éloignés de lui. La fière Hermengarde , dont aucun fils ne portait une couronne de roi, nourrissait une envieuse

haine contre Bernard^ qui^ neveu seulement de l'empereur Louis, avait depuis long-temps reçu Tonction royale.

Le ressentiment de la mère et de Tépouse eut bientôt accès au cœur du royal époux. La soumission de Bernard y après sa première faute y avait désarmé la colère de l'empereur; mais la haine d'Hermengarde veillait, et l'amnistie ne fut pas complète, et l'exil frappa deux hommes dont le concours aurait donné trop d'éclat à une royauté condamnée à périr. Cette royauté , Charlemagne l'avait créée, on n'osa pas d'abord la détruire; mais, s'autorisant de l'exemple dangereux du grand roi , on commença à la saper dans sa base en la frappant de déconsidération, en la dépouillant de ses prérogatives , enfin en réduisant le roi de Lombardie aux simples fonctions d'un gouverneur de province.

Bernard ne supporta qu'avec impatience cet empiétement sur son autorité, qui ne lui semblait devoir ainsi s'effacer que devant le puissant génie de son aïeul. Brave, magnifique, adoré de son peuple , versé dans la connaissance des besoins et des vœux de la Lombardie , capable et en voie d'y satisfaire, Bernard se sentait roi non seulemen! par la volonté do Gharlemagne , mais f»nrore par ses nobles qualités et par l'affection

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