‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 320 sur 380 · LIVRE m. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE m. — CHAPITRE

Grand j que sanctionnera plus tard l'impartiale postérité.

Depuis quelque temps , nous Tavons vu j les princes de Germanie auraient pu ajouter la Lombardie et la couronne impériale à leur diadème ; cette double conquête eût été facile pour eux y si Aome et la Lombardie avaient été seules consultées ; mais les bords du Danube avaient^ eux aussi j leur bonne part d'embarras et de vicissitudes. Nous ajouterons que l'humeur changeante^ inquiète, intraitable des Italiens y n'était pas le moindre obstacle qui retardât la prise de possession définitive par les princes germains de ces deux couronnes naguère si enviées. L'étoile et le génie d'Othon-le-Grand sauront triompher et de ces appréhensions et de ces obstacles.

Nous allons voir Hugues, et après lui Bérenger II , ces deux indignes descendans de Charlemagne, lutter d'intrigues, d'astuce et d'iniquités pour précipiter à leur insu le dénoûment de cette grande révolution.

Combien , dans l'aveuglement de leur orgueil, les hommes s'imposent d'efforts pour hâter leur propre ruine , croyant ne travailler qu'au profit de leur ambition !

Quos Deus perdere i>uU demeniai.

Avant de pénétrer dans cette voie dont la

pente devient si rapide j jetons un regard sur la cité de Venise, dont les mille canaux, dont les Iles déjà si peuplées et si florissantes retentissent d'hymnes tristes et funéraires.

Pierre Candiano est mort et la répubfiqoe le pleure (1). Sage, probe, expérimenté ; aussi résolu dans l'action que prudent au conseil; n'ayant qu'une pensée , qu'un but , le bonhear et la gloire de la patrie commune ; ferme protecteur des intérêts privés , ne mettant en oubli que ses intérêts propres ; soutien inébranlable de l'ordre au dedans , basé sur le respect et le maintien des droits de tous et de chacun ; inflexible pour le redressement des griefe de la république contre l'étranger dont il ne laissa jamais aucune insulte impunie , aucun tort sans juste réparation : tel avait été ce doge que venait de perdre Venise, et dont cette ancienne reine de l'Adriatique et des mers continue à honorer la mémoire.

On se souvient encore à Venise que les fiers habitans de Justinopolis (aujourd'hui Capo distria) furent contraints par ce doge de venir tous les ans dans la ville des lagunes porter un tribut, en expiation de graves dommages causés par ces pirates à la république.

(l) Dambulis, In Chronic. Rerum mUc, aoD. 939.

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