LIVRE III. — CHAPITRE III
candide jeune homme court à Bérenger, Tavertit que des périls l'environnent.». Autant pour éviter un crime abominable à son père que pour satisfaire au secret besoin de son cœur ^ qui le pousse à sauver un jeune prince tombé dans un infer^ nal guetrapens y Lothaire conseille une prompte fuite à Bérenger et lui en fournit les moyens... Grâce à cet élan généreux du fils de Hugues ^ le marquis d'Yvrée échappe au supplice qui l'attendait , et va chercher un refuge auprès d'Hermann, duc de Suève j dans la crainte sans doute que des satellites du despote n'aient été d'àvance^ et à tout événement, apostés sur la route de son marquisat , ou n'y soient envoyés à sa poursuite dès le premier bruit de son évasion.
Nous verrons comment ce même Bérenger paya sa dette de gratitude envers le généreux Lothaire.
La fuite du frère d'Anscar n'est bientôt plus un mystère à Pavie. Après bien des recherches infructueuses 9 Hugues parvient à découvrir le refuge de celui dont il espérait faire sa victime. Furieux de voir sa proie ainsi lui échapper, il somme le duc de Suève de lui livrer un ennemi qu'il dit convaincu de conspiration flagrante contre sa personne. Cette sommation est accom-
pagnée de menaces. Hermann y fidèle aux lois de l'hospitalité , brave par un refus fonnd le ressentiment du roi de Lombardie. Mais, soit dans la crainte , ce que du reste son caractère rend peu probable y d'être une cause de guerre et de ruine pour un peujde et un prince qui lui avaient donné asile dans son infortune, soit plut6t dans l'espoir d'être plus en sûreté derrière la puissance d'Othon, le marquis d'Yvrée crut devoir, peu après le refus généreux d'Hermann, se retirer à la cour du roi de Germanie. OthoD accueillit en lui y avec autant de distinction que de bienveillance y le petit-fils de l'empereur Bérenger. Hugues poursuit encore là sa victime : mais là ce ne sont plus les menaces qu'emploie sa flexible politique y hautaine envers les bibles, humble et rampante avec les grands et les forts. Il essaie delà prière; il plaide sa cause; il expose des griefs plus ou moins fondés ; la flatterie y la soumission , les présens y toute voie est employée par ce prince astucieux. Le roi Othon qui peut-être, dit Muratori, nourrissait déjà dès cette époque des vues secrètes sur l'Italie, se contenta de répondre aux émissaires lombards qu'il n'avait besoin des dons et des largesses de personne, et quil jugeait convenable d'accorder un sûr et bon refuge à un