‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 325 sur 380 · LIVRE III. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE

prince qui était venu se mettre sous sa sauvegarde (1).

Toute nouvelle instance à cet égard auprès d'un tel monarque eût été aussi déplacée qu'importune , et n'aurait fait qu'exposer le roi lombard à l'affront d'un refus réitéré. Hugues le sentit, et se garda d'autant plus d'insister, que le roi de Germanie, bien qu'il eût permis que sa cour servit d'asile au prince fugitif , ne s'était pas pour cela montré disposé à prendre en main la querelle de son hôte , et n'avait pas demandé au roi de Lombardie compte de sa prise de possession des Ëtats d'Anscar et de Bérenger. Or, de nouvelles démarches dans le même but pouvaient irriter Othon , et le porter à cette extrémité si pleine de périls pour Hugues ; force fut donc à ce prince de renoncer à ses atroces desseins contre Bérenger, et de se contenter de ses dépouilles ; il s'était en effet emparé du marquisat d'Yvrée aussitôt après la fuite de ce prince, comme il l'avait fait de Spoletti et de Camerino après la mort d'Anscar.

Mais cet accroissement de puissance , loin de satisfaire son ambition, ne la rend que plus impatiente ; mattre d'une grande partie de l'Italie,

(i) MURATORI, Armai, T. v, p. 315, aiino 960.

ne voyant autour de lui aucun prince qui lui paraisse un obstacle sérieux à raccomplissement de ses audacieux projets , il tourne de nouveau son regard vers Rome où rappellent doubl^nent le besoin de la vengeance et la perspective de la couronne impériale : il rassemble son armée et marche à sa tête (1) sur l'ancienne capitale des Césars. Mais Albéric l'attendait plein du souvenir de ses succès récens contre le despote , et brûlait, aussi bien que tous les Romains, du désir de le combattre encore. Hugues , à son arrivée devant Rome, somme la cité de lui ouvrir ses portes. Sur le refus hautain du fils de Harosie, le roi attaque les remparts avec toutes ses forces et sur plusieurs points à la fois ; partout il est vaillamment repoussé : ses Lombards reviennent à la charge et rencontrent toujours une si vigoureuse résistance, que Hugues, désespérant de se rendre maître de la ville , se résigne à lever le siège. Le cœur plein de rage, il s'apprête à reprendre le chemin de Pavie; mais avant de quitter les environs de Rome, il y fait promener par ses soldats l'incendie et la dé\'astation.

Satisfait de cette lâche vengeance, Hugues

(1) Ann. ghi.

Page 1