‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 327 sur 380 · LIVRE 111. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 111. — CHAPITRE

Anasiase et Doria, arrivés au goUe de Sembrade j trouvent les nombreux navires des corsaires réunis les uns aux autres par de fortes chaînes y présentant le front d'un rempart inabordable. Anastase jette aussitôt sur cette formidable ligne le feu grégeois dont la découverte récente a déjà servi utilement les flottes du Bos< phore (1); en un moment les vaisseaux ennemis deviennent la proie des flammes : une barrière terrible , une ceinture de feu s'élève entre les chrétiens et les corsaires. Ceux-ci , épouvantés par les progrès de l'incendie qu'ils s'efforcent vainement de maîtriser , abandonnent leurs navires et gagnent en désordre les premières hauteurs qui dominent le Golfe; mais là de nouveaux périls les attendent ; Hugues y à la tête de l'armée de terre y fond sur eux avec impétuosité. Cette vive attaque, qui met l'ennemi entre deux feux, achève de porter le désordre et la terreur dans les rangs des Sarrasins.

Un seul refuge reste aux vaincus, c'est leur Fraxinet; ils s'y portent en foule : l'armée chrétienne, pleine do courage et d'ardeur, les .poursuit à travers les ravins et les rochers escarpés.

(1) GllîSTlîNJANJ, Ann. di Gcnova. — DURANTE, //is/. de yicc.

jusqu'aux pieds des fonnidables retranchemens de cette redoute fameuse.

L'héroique résolution des troupes de Hugues prêtes à renverser tous les obstacles y effraie les infidèles y même derrière ces remparts (1) qu'ils avaient si long-temps crus inattaijuaUes ; ils s'y défendent encore toutefois et y soutiennent quelques nouveaux assauts. Bientôt décimés par la famine et par le feu de l'ennemi, pressés de plus en plus par les progrès des assaillans y ils abandonnent cet asile pour se replier sur les sommités presque inaccessibles qui s'élèvent au dessus du golfe de Sembracie. • • Là encore leurs oreilles épouvantées entendent les cris de mort partis des rangs de l'armée chrétienne ; partout on y demande le signal d'une nouvelle attaque ; un peu de persévérance, encore un effort et le triomphe des troupes coalisées est complet... Mais l'esprit de Hugues était depuis quelque temps livré à de graves perplexités. Ce monarque, détournant ses regards du théâtre de la guerre, les reportait incessamment sur l'Italie, où de loin son inquiète imagination lui faisait entrevoir d'éminens pé-

(1) Les moulagnes où se retranchèrent les Sarraziib prirent dans la suite le noni de Monts Mitures qu*elles ont eonservé depuis. (Papon , Hùt, gcuà\ de Frov. — Di - RAMT£, Hùt. de Nice.)

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