‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 328 sur 380 · LIVRE III. — CHAPITRE fil · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE fil

rils pour sa couronne dans la Péninsule. Cédant enfin à cette inquiétude poignante j Hugues , au lieu de poursuivre jusqu'au bout sa victoire y ose y dans ce moment suprême , abandonner le fruit de ses premiers succès et un triomphe assuré. Sourd aux conseils des chefs comme aux plaintes des soldats, il suspend les attaques, reçoit les Sarrasins à capitulation, signe avec eux un honteux traité d'alliance qui leur ouvre une voie de refuge, et il les autorise à transporter leurs familles et leurs tentes sur les frontières de Frioul (1).

Il est à croire que , comme jadis l'empereur Bérenger, Hugues se flatta de trouver au besoin, par cette détermination aussi étrange qu'imprévue, d'utiles auxiliaires dans ces barbares qu'il venait de sauver d'une ruine inévitable. En même temps qu'il délivrait de leur fatale présence une partie de ses possessions méridionales, il comptait élever par leur aide, sur les limites nordiques de ses États, une forte barrière contre le danger dont il se sentait menacé de deux côtés opposés, savoir, la fermentation , les révoltes au dedans, et au dehors les intrigues du fils d'Âdalbert auprès de la cour de Trêves,

(1) Durante, Hist, de ÎSice, T. i".— Papon, Hxsl génér, de Provence,

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dans le but de recouvrer son ancienne puissance ; enfin peutrétre se flattait-il , au moyea de ces meutes acharnées qu'il pourrait jeter à volonté sur les provinces germaniques ^ d'entraver l'essor de plus en {dus inquiétant du ^orieux Othon.

Mais il ne parvint à aucune de ces fins. Sa lâche conduite ne fit que lui attirer les imprécations de son année et de la chrétienté toute eatière. Ses peuples de Lombardie rougirent d avoir pour souverain un prince qui désertait la victoire. Leur exaspération fut au comble quand ils virent les nouveaux et dignes alliés de leur roi, exercer les plus affreux ravages en traversant le territoire lombard pour se rendre vers l'établissement qu'il leur avait concédé. Là , ces barbares qu'aucun frein n'eût pu maîtriser, furent bientôt moins les instrumens de la politique de Hugues, qu'un surcroît d'embarras pour luimême et de malheurs pour son royaume qui lui imputait cette nouvelle calamité.

La Provence ne gagna rien non plus à ceUe émigration de ses oppresseurs : Hugues avait eu l'imprudence , en s'éloignant du grand Fraxinet de ne pas détruire ce repaire fortifié. Peu de temps après le licenciement de l'armée formidable i\ue le zèlo de Marin II avait à gramipeine

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