LIVRE 111. — CHAPITRE V
Àzzon y déjà fait comte de Canossa , ne pouvait être oublié dans lés faveurs que l'empereur répandit autour do lui à Toccasion de son sacre. L'impératrice Adélaïde obtint pour lui les fiefs de Reggio et de Modène j et fît joindre à ses titres celui de marquis (1).
La famille de Bérenger s'était dispersée depuis l'invasion des troupes germaines. La reine Willa avait entassé dans la forteresse du lac d'Orto, qui lui servit de refuge, tous les trésors sauvés du naufrage par sa cupidité. Othon se rendit maître, en deux mois, de ce château-fort, regardé jusqu'alors comme imprenable. Il s'empara des riches coffres de Willa et remit la reine en liberté. Willa courut rejoindre son époux qui s'était réfugié à MontefeltrOy dans un château situé sur un roc et qui ne pouvait être réduit que par famine. Othon les y fit assiéger. Bérenger et Willa, contraints de se rendre, furent envoyés à Bamberg , où le premier mourut deux ans après ; sd veuve se retira dans un monastère.
» même promesse que le pape Léon III avait, de sa bonne » volonté, faite sur ce sujet.* »
(1) Le brave et Joyal Azzon fut l'aïeul delà célèbre comtesse Mathilde,
* De Hbsîi., Hisl. Dan.— Liltiu'haisd» lib. vi, cap. i. — BAnojMt>, adaim. 961. — PuFPiivDonPF, /it/ro(t à V/iist, gêner,, T. v.; Emp> d'AUem,, llv. v, cïiap. ii.
Le jeune Adalbert se remua^ intrigua qudque temps dans la Péninsule. Après avoir fomenté, de concert avec l'imprudent Jean XII, des troubles à Rome et attiré, sur son complice et sur la capitale du monde chrétien y des malheurs que put bien atténuer mais non complètement leur épargner la magnanimité d*OUioD, Adalbert alla , comme autrefois le roi lombard Adclchis, fils de Didier, fatiguer la cour de Gonstaûtinople, pour en obtenir, dans le but de soulever et de reconquérir l'Italie, un secours qui ne lui fut jamais accordé. Le reste de la vie de ce prince fut obscur aussi bien que sa mort.
<( Le couronnement d'Othon à Rome, dit » Muratori , fit passer l'empire romain , vacanl » depuis la mort de Bérenger I*% aux rois de » Germanie, ou plutôt, selon l'observation de » quelques historiens, le rendit aux rois francs; » car la Germanie portait le nom de France, » et Othon s'appelait roi de la France orientale, » attendu que la Gaule portait le nom de France )) occidentale. »
Muratori aurait pu ajouter que , par les femmes, Othon, comme Guy et comme les deux Bérenger, descendait de Charlcmagne , et qu'à ce compte le sceptre impérial ne sortit pas on