‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 354 sur 380 · LIVRE 111. — GHAHTRE V · texte numérisé non relu

LIVRE 111. — GHAHTRE V

quelque sorte de la famille du grand fondateur de Tempire d'Occident.

Il peut résulter de l'artifice et de la subtilité des mots, que le couronnement d'Othon à Rome rendit l'empire aux rois francs ; mais j par le fait , Othon, ce descendant de Gharlemagne, ce roi de la France orientale, était surtout Saxon et rai de Germanie. Son couronnement fut pour l'Italie le terme définitif de la domination française y restée jusque là indécise et comme tenue en suspens, soit par la faiblesse des rois de France , soit par l'impéritie , la crainte ou le dédain des princes d'Allemagne. L'état de transition cessa, la transformation fut opérée, la révolution consommée. L'empire fondé par Char- Icmagne devint le partage d'un prince saxon , etritalie, long-temps incorporée à l'empire des Francs , fut dès lors soumise à l'empire germanique ; elle subit ainsi l'impulsion d'une politique nouvelle et l'influence d'intérêts tout opposés.

Cette belle Péninsule, après la conquête d'Othon, fut loin de retrouver l'ère heureuse des règnes de Pépin , de Bernard , de Louis II. On n'y connut guère de meilleurs jours que du temps où nous avons vu les grands vassaux de Boiirgog^ne, de Provence ot d'Italie, se disputer.

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dans des luttes sanglantes , ce lambeau de Vempirc d'Occident, cette riche dépouille des iib de Charlemagne. La position d^ Italiens ne fil qu'empirer long-temps encore.

Ce qu'Othon-le-Grand concéda ou reconaot d'autorité aux pontifes romains , et ce qu'il se réserva de cette autorité , devint bientôt, pour l'Italie toute entière j sous son propre rè^e el sous des princes moins habiles que lui, une cause fetale de mille calamités , et y ût couler, durant plusieurs siècles, des flots de sang.

Disons toutefois, pour être juste^ que Tltalie dut à ce grand prince un inappréciable bienfait qui lui fit pardonner par la Péninsule bien des rigueurs, ce fut l'établissement du gouçcmement municipal. • . La reconnaissance des Italiens pour cette institution salutaire les attacha aux enfans d'Othon, et ils ne songèrent à secouer le joug de l'Allemagne que lorsque la mort du dernier de ses descendans les dégagea de tout lien envers la maison de Saxe (1).

Ainsi, les libertés municipales en Italie se trouvent devoir leur origine à une réaction de l'esprit des grandes monarchies personnitiées

(1) Annal, saxon, de H^itikitid. — Hist, des Rtp. ital., par .1/. Sisînotidi — Biog, univ,, publiée par Michand, art. Othon-te-Graml,

LIVIIE III. — CHAPITRE V. 381

dans Olhon-le-Grand, contre le génie féodal qui, après avoir fondé la puissance des carlovingiens, l'avait bientôt compromise par les seules conséquences logiques de son premier triomphe , et puis en avait complété la ruine par ses abus et ses excès.

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