‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 359 sur 380 · CHAPITRE r'. — PREMIÈRE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE r'. — PREMIÈRE ÉPOQUE

Exempt des soucis que lui eût attirés l'administration d'un vaste empire , il vit au milieu de son peuple de Lombardie ; y réprime les abus , y rétablit l'ordre , y publie de sages règlemens^ veille à leur exécution y réduit l'insolence de ses grands vassaux , fait avorter les complots ten* dant à rejeter la Péninsule sous le joug de Censtantinople j et ^ après de longs et rudes efforts , {Hirge l'Italie de la nuée de barbares qui depuis trop long-temps la désolent.

Mais telle est la force des choses que , tandis que Louis II fait courber le front de ses plus fiers et de ses plus puissans tributaires , partout en Italie, comme dans le reste de l'Europe y le géant féodal grandit. Les excursions et les dévastations des barbares font surgir sur tous les points de la Péninsule des remparts de défense. Les villes , les bourgs même se changent en forteresses ; les châteaux de plaisance deviennent des places de guerre et servent de refuge, dans les temps calamiteux, aux populations des campagnes que la féodalité , d'abord protectrice et plus tard oppressive, va bientôt enlacer dans ses redoutables réseaux.

Un siècle après la prise de Pavie par Charlemagne , Louis II meurt, et la Lombardie pleure une mort qui termine si tristement cette période

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de cent années d'une prospérité qui n'eat que bien peu de lacunes.

Avec Louis II s'éteinl, pour ainsi dire, la domination en Lombardie des descendans françaûs en ligne directe et masculine de Ghariemagne; car le rapide passage de Gharles-Ie-Chaave, de ce prince un moment si hautain envers les papes, et plus tard si lâchement humble à Rome et à Pavie, dans le but d'obtenir la double sucoessioD de Louis II , n'est plus qu'un triste éclair suiTi de violons orages.

Nous reproduirons en passant quelques observations propres à faire ressortir la différence qui doit exister dans laj^réciation de la domination française et de celle qui Ta précédée; et nous rappellerons ensuite succinctement quels rapports réciproques la conquête de la Lombardie par les Francs devenus les protecteurs de Rome, établit entre les empereurs d*Occidenl et les pontifes romains.

Au dire de Paul Diacre, écrivain lombard, dont presque tous les historiens ont suivi Tassertion partiale et intéressée , ce fut une calamité pour le nord de lltalie que le terme de la puissance des Lombards , domination modèle, reflet de Tàge d or des temps antiques.

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