‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 360 sur 380 · CHAPITRE l*^ — PREMIÈRE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE l*^ — PREMIÈRE ÉPOQUE

De modernes et véridiques écrivains ont fait justice de cette étrange prétention. Manzoni et Maffei^ en nous rappelant la loi meurtrière qui punissait de mort les mariages entre Romains et Lombards (1), en nous montrant les Romains ex-* dus des conseils et des charges publiques, étran* gers à l'interprétation et à l'application des lois dont la balance et le glaive étaient aux mains de leurs vainqueurs , de telle sorte que les Lombards étaient juges et parties dans les différends qui pouvaient s'élever entre les citoyens des deux peuples j Manzoni et Maffei ont fait apparaître cet âge d'or sous son véritable jour, et l'ont marqué du stigmate des âges d'oppression et d'Ilotisme.

On a loué Gharlemagne d'avoir laissé aux Lombards et aux Romains la législation de leurs ancêtres. Une semblable tolérance se fait remarquer chez tous les rois et chez tous les peuples conquérans de cette époque. Avant lui , les Lombards eux-mêmes en avaient ainsi usé à l'égard des Romains; mais ce qu'il n'eut pas de commun avec eux, ce qui sépare incommensurablement la domination des Francs de la domination lombarde, c'est l'admission du peuple conquis aux

(1) Italiens.

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charges publiques en eonciirrence avec les Francs ; c'est la réintégration de l'Italie dans sa dignité, quand, par le biénÊûtde Gharlemagne, ses citoyens purent concourir comme leurs Yainqueurs à l'octroi do la justice ^ et quelquefois même à la confection des lois.

Ce qui recommande le fils de P^in à la gratitude des Italiens, bien autrem^it que le maintien de leurs usages et de leurs lois , c'est d'aioir cherché à modifier ces a^mes lois , ces mêmes usages , à mesure que sa haute intelligence lui montrait des abus à r^rimer et des améliorations à introduire.

La domination lombarde fut inquiète, pesante, oppressive; la cause en était dans sa propre nature. Les Lombards, en se ruant sur ritalie, y portèrent leurs pénates: ce fut toute une nation qui , pour s'établir sur le sol qu'occupait un autre peuple , dut dépouiller la population qui l'avait précédée.

Il n'y avait pas seulement entre les Lombards et les Italiens cette démarcation que le temps et une bonne administration souvent effacent entre les vaincus et les vainqueurs, mais bien cet abîme que rien ne comble, et qui tcmjours semble s'élargir entre le spoliateur et le dépossédé.

Chariemagne passa les Alpes , non avec un

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