CHAPITRE II. — DEUXIÈME ÉPOQUE
crainte de son ressentiment : et il laisse assiéger dans Milan, il laisse périr dans les tortures, ceux des seigneurs d'Italie qui s'étaient faits ses {Jus chauds adhérons.
Nous venons de voir l'influence germanique essayer ses forces en Italie ; mais la capricieuse versatilité des Lombards , avant de la subir complètement, va prolonger encore pour leur patrie la désastreuse épreuve des discordes intestines ; elle va même livrer cette riche proie à l'ambition subalterne de quelques grands vassaux de l'antique couronne de France , jeunes et nouveaux rois , qui déjà trouvent que ce n'est plus assez pour eux que de régner sur la Bourgogne ou la Provence.
Bérenger, par la mort prématurée de Lambert , devient seul maître de la Lombardie ; le vœu des Italiens l'appelle à ce brillant héritage; mais leur turbulente inconstance, source de tant de maux , lui suscite bientôt un rival dans le fils de Boson.
Louis de Provence passe les Alpes, se fait proclamer roi à Pavie, va prendre à Rome la couronne impériale sous le nom de Louis III , et trouve à son retour à Pavie, la faveur des Lombards changée en haine. Tombé au pouvoir de Bérenger qui lui fait crever les yeux, il rap-
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porte dans son royaume héréditaire, levain iiXvt d'empereur et la cécité.
 cette époque les Hongrois pesaient sur les limites nordiques de l'Italie; l'or de Bérenger les tenait hors de ses frontières sans trop pourtant les éloigner; car sa politique ^ alarmée par Thumeur changeante des Lombards, entrevoyait dans ces barbares du Nord , de futurs auxiliaires contre l'hostilité plus ou moins prochaine de ses propres sujets.
Le midi de la Péninsule, livré plus que jamais aux dévastations des Maures, pousse vers Bérenger le même cri de détresse qui naguères avait ému le cœur de Louis IL La voix de Jean X se mêle à ces cris d'alarmes. Bérenger met un prix à son concours dont il sent qu'on ne peut se passer. Ce prix est la couronne impériale qu'il vient recevoir à Rome. Puis, sous les yeux même de Jean X, il extermine les brigands d'Afrique dans leur repaire de Garigliano, et délivre Tltalie de ses hôtes désastreux.
L'ingratitude et le parricide paient Bérenger de cette brillante victoire et des bienfaits de la longue paix dont il a fait jouir son peuple.
Dès son retour, un rival nouveau lui est suscité par les Lombards dans la personne de Rodolphe, roi de la Bourgogne transjurane, el pf "
après il meurt victime d'un lâche assassinat motivé sur le malencontreux appel fait par cet infortuné monarque aux bandes hongroises. Ce meurtre odieux , commis par un habitant de Vérone, que Bérenger avait comblé de ses bienfaits, fut vengé sur la malheureuse Pavie qui , livrée aux barbares , n'offrit bientôt plus qu'un monceau de ruines.
Ici j les enfans de Berthe , de cette ûlle célèbre de la non moins célèbre Waldrade et de Lothaire, vont occuper et dominer la scène.
Une fllle de Berthe , Hermengarde , après avoir poussé son époux, Âdalbert d'Yvrée, dans les rangs de Rodolphe contre l'empereur Bérenger, et prostitué son veuvage à ce jeune et fougueux monarque devenu roi des Lombards, Hermengarde enlace son amant dans les perfides lacets d'une intrigue qui le rejette au delà des Alpes , et livre la couronne de Lombardie à un de ses frères utérins , fils de Berthe , au trop fameux Hugues.
Félon, hypocrite, parjure, dévoré d'avarice et d'ambition, jaloux et persécuteur de ceux qui l'avaient élevé au trône, spoliateur du faible par la violence et du puissant par l'astuce, frère ingrat et barbare, tel fut ce roi selon l'histoire, mais non pas selon Liuthprand , dont la partia-
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lité n'est point douteuse. Hugues, pour senir sa cupide ambition, outrage la mémoire de celle à qui il doit le jour, renie , persécute et dépouille ses frères , conspire la ruine et la perte des petits-fils de l'empereur Bérenger qui lai font ombrage , et ose devenir Tépoux de l'impudique Marozie , veuve d'Âlbéric et de Guj, son frère , monstrueux, hymen qui semble loi promettre l'empire : honteux calcul» , cruautés odieuses , perfide habileté , qui aboutiront à la déchéance et à l'exil de celui qui avait osé rêver le trône des Césars.
Ce trône venait d'être vainement oflTerl par Rome à Henri-l'Oiseleur qui l'avait dédaigné, ou plutôt qui en avait redouté le décevant éclat.
Mais à Henri va bientôt succéder Othon, dont la main puissante ne trouvera pas trop lourd le double poids du sceptre royal de Lombardie et du glaivo des empereurs d'Occident.
Les querelles , les exactions , les turpitudes des rivaux subalternes qui se disputent en Lombardie la souveraine puissance, vont &cililer les voies au grand homme pour la réussite de ses projets ambitieux.
Comme son aïeul Bérenger après la victoire de Guy, le fils du marquis Adalbert avait élo chercher contre l'injuste oppression de Hugues,