‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 366 sur 380 · CHAPITRE II. — DEUXIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — DEUXIÈME ÉPOQUE

un refuge à la cour de Germanie. Rappelé par la trahison des hommes les plus chargés des faveurs du despote, Bérenger reparaît dans la Péninsule. Tout à son approche abandonne Hugues, qui obtient à grand'peine que le jeune Lothaire, son fils j dès long-temps associé à sa royauté , et qui naguères sauva le marquis d'Yvrée d'un grand péril , soit maintenu sur le trône des Lombards.

Le farouche Bérenger, maître de cette jeune et belle vie confiée à sa loyauté , l'abrège par le poison et paie ainsi sa dette de reconnaissance.

La veuve de Lothaire est belle, vertueuse, adorée des Lombards ; elle serait l'ornement et peut-être l'égide de la nouvelle puissance de Bérenger s'il associait la cause d'Adélaïde à la sienne. Le nouveau roi veut lui imposer pour époux son flls Adalbert ; l'héroïque veuve brave et supporte en sainte les plus cruels outrages : elle préfère une dure captivité à la honte d'une telle alliance ; et tandis que la voie de l'exil va la conduire au trône impérial , Bérenger, croyant affermir sa puissance en la persécutant , marche à sa propre ruine.

La Lombardie s'émeut enfin. Les collisions intestines , les troubles incessans qui déchirent

ses propres entrailles dans le seul intérêt de quelques rivaux effrontés, avides de puissance et d'or; ce régime précaire, convulsif^ quil'épuise et la fait se dévorer elle-même dans son isolement ; tout ce présent ruineux, sans gloire, absorbé par de misérables intrigues, souillé par de honteux scandales , font revivre dans sa mémoire et dans ses regrets, un passé qui , s'il ne fut pas exempt de vicissitudes , avait du moins, nous le répétons , fait de la Lombardie le soutien et l'arbitre de la Péninsule italique.

Une nation forte et puissante , égarée dans défausses voies, peut d'elle-même, quand sonne l'heure des désillusionnemens , couper court aux épreuves funestes et fermer Tabtme ouvert sous ses pas ; mais il est rare qu'un peuple secondaire échappe ou n'ait pas recours, dans les crises qui l'agitent, à l'intervention de quelque grande puissance. Cette fatale extrémité, la mobile et capricieuse Lombardie dut souvent la subir et la subit cette fois encore ; mais à qui demander aide et protection ? Où trouver un pouvoir fort, compact, protecteur, qui, dissipant le chaos , fonde un nouvel état de choses plus régulier, plus stable , moins sujet enfin à des secousses violentes ?

D'un côté, la France, trop affaiblie par le raor-

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