‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 37 sur 380 · LIVRE I". — CHAPITUE V · texte numérisé non relu

LIVRE I". — CHAPITUE V

Elipand et Félix devinrent les chefs de cette nouvelle hérésie qui émut les Églises de Germanie, de France, dltalie et d'Angleterre.

Charlemagne occupait alors le trône des Francs. Il réunit un premier concile à Narbonne (1) ; Félix d'Urgel y fut condamné , et y abjura son erreur pour retomber bientôt après dans la même faute.

Un nouveau concile fut réuni par le monarque à Francfort ; le pape y envoya les évêques Etienne et Théophilacte , en qualité de légats; plusieurs autres prélats d'Italie, entre autres Pierre , archevêque de Milan , se rendirent à cette assemblée ; Paulin, archevêque d' Aquilée, et le savant Alcuin réfutèrent l'hérésie avec une grande force d'argumens : anathème fut prononcé contre Elipand et Félix, auteurs de ces désordres.

Charlemagne communiqua à ces deux sectaires lanouvelle décision du concile, qu'il accompagna d'une lettre qui se terminait ainsi :

« Avant que vous nous eussiez scandalisé par >» votre invention du (ils adoptif, nous vous ché- » rissions comme de tendres frères, et l'héroïsme » de votre foi, dans la servitude, nous consolait

(1) Ferreras. Flkiri.

» de ce que vous aviez à souffrir ; nous avons » même résolu de vous en délivrer et d'user » dans l'occasion de tout notre pouvoir; mais » votre opiniâtreté vous priverait tant de la par- » ticipation de nos prières que du secours de » nos armes. »

Le zèle du monarque ayant échoué dans ces paternelles e?thortations y Félix , dont le siège était sous son autorité^ fut déposé par un concile tenu à Ratisbonne en 799 y et vint mourir dans Texil à Lyon, feignant un repentir que démen* tirent des écrits trouvés chez lui après sa mort.

Elipand, frappé de la même disgrâce dans un concile tenu la même année à Rome , mourut , dit-on, plus repentant et dans le giron de FËglise romaine.

On remarquera que ce triomphe sur l'hérésie précéda, de peu de mois, le couronnement du fils de Pepin-le-Bref comme empereur. Il importait , d'ailleurs , au grand homme de ne pas laisser éclore ou d'étouffer dans leur germe ces querelles religieuses , toujours fatales aux empires dont elles hâtent la ruine en les faisant chanceler sur leurs bases.

Aussi l'esprit de discorde fut-il sans voix dans les Églises d'Ocrident, tanl quo la main di» Charlomagno linl lo scoplro impérial.

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